Rendez-vous Parc Georges Valbon, La Courneuve

Rendez-vous Parc Georges Valbon, La Courneuve
22 euros : c'est le prix du bon de soutien qui donne droit d'entrée pendant les trois jours, d'assister à tous les concerts et évènements de la fête. Disponible dès maintenant auprès des militants diffuseurs de la célèbre "vignette"

Appel du Forum Européen des Alternatives

Appel du Forum Européen des Alternatives
Paris, 31 mai 2015.

Pour la grèce, pour tous les peuples d'Europe et du monde !

Pour la grèce, pour tous les peuples d'Europe et du monde !

lundi 15 juin 2015

Le racisme, la racialisation de la société, une arme de division massive pour les classes dominantes qui nous exploitent toutes et tous.....


  
« comment s'unir pour ne plus subir ? »

mercredi 24 juin 2015  à 19 heures

Maison du Chemin de l’Île

31-65 boulevard du général Leclerc
92000 NANTERRE
(RER A gare Nanterre-ville)

rencontre-débat avec

Farid Bennaï, travailleur social, coordinateur du forum
Eric Fassin, sociologue

M’hamed Kaki, président de l’association Les Oranges

Sonia Nour, animatrice de l’association Cause Commune

contact : mrap.nanterre@orange.fr
organisée par le comité de Nanterre du
Mouvement contre le Racisme
et pour l'Amitié entre les Peuples

et l’association Les Oranges

avec le soutien du PCF 92

    Pour un antiracisme politique

(extraits)
 « Ce qui menace la démocratie, c’est ce qui défait la société française, ce n’est pas la (ni une) religion ; c’est le racisme, qui désigne comme des «autres» racisés certains d’entre nous ­ immigrés d’Afrique ou Roms d’Europe, et aussi Français, héritiers de l’esclavage, de la colonisation et de l’immigration, Noirs d’apparence ou Maghrébins d’origine.(…)
…Ce qui devrait nous alarmer, c’est l’islamophobie. Cessons de tourner autour du mot, et regardons la chose. Dans un pays où l’ancien président a pu nommer   un «préfet musulman» et parler de «Français d’apparence musulmane», il s’agit moins de religion que  d’une racialisation euphémisée. (…) Sous l’antijudaïsme, nous savons bien reconnaître l’antisémitisme, qui vise les juifs ­ indépendamment de leur religion. Il en va de même pour l’islam : pas besoin d’être musulman pour être victime d’islamophobie, voire pour finir par s’identifier comme tel, bon gré mal  gré.(…)
Etre antiraciste, ce n’est donc plus seulement lutter contre le Front national ; ce n’est pas uniquement récuser les stéréotypes raciaux qui alimentent les discriminations systémiques. C’est aussi combattre les   politiques qui racialisent la société française. (…) De même que l’Union européenne, c’est  aussi «l’Europe forteresse», de même, les politiques néolibérales s’accompagnent en France et ailleurs d’un  racisme d’Etat : on monte les uns contre les autres, les «classes populaires» contre les «racisés», comme si ceux­ci n’appartenaient pas, en majorité, à celles­là. (…)
Ceux qui font commerce politique de la xénophobie, de la romophobie, de la  négrophobie ou de l’islamophobie, comme d’autres en miroir de l’antisémitisme, participent d’une  même logique(…) La concurrence, que certains cherchent à  exacerber entre les ouvriers blancs et leurs voisins «d’origine étrangère», ou bien entre musulmans et juifs, tout en montant les uns et les autres contre les Roms, fait obstacle aux questions qu’il faudrait poser de  toute urgence.(…)
 Reprendre l’initiative contre les politiques de racialisation : le 9 mai 2015, au Forum de   Gennevilliers, ce travail a été engagé. Il se poursuivra avec les premiers intéressés, femmes et hommes qui en paient le prix. Et, ce combat sera mené aussi avec nous toutes et tous qui rejetons ce fantasme politique  cauchemardesque d’une France blanche. Il est grand temps, mais il est encore temps de répondre à la               racialisation par la politisation. »
Premiers signataires :Farid Bennaï Travailleur social, coordinateur du forum Reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation Saïd Bouamama Sociologue, porte­parole du Front uni des immigrations et des quartiers populaires Christine Delphy Sociologue, directrice de recherches émérite au CNRS Rokhaya Diallo Journaliste et auteure Fatou Diome Ecrivaine Eric Fassin Sociologue, professeur à l’université Paris­VIII Nacira Guénif Sociologue, professeure à l’université Paris­VIII Serge Guichard Membre fondateur de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines roms (Asefrr) Almamy Kanouté Educateur spécialisé, association Rezus Laurent Lévy Essayiste et militant politique Saimir Mile Président de la Voix des Rroms Marilyne Poulain Syndicaliste CGT­immigration Isabelle Saint­Saëns Membre du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) Michèle Sibony Union juive française pour la paix (UJFP) Louis­ Georges Tin Président du Cran…

Lire le texte intégral du manifeste et la liste complète des signataires

télécharger le tract-invitation 


dimanche 14 juin 2015

A Paris, à Colombes, à Nanterre.... : solidarité avec les réfugiés ! Manifestation mardi 16 juin.



Photo de Pierre Bernière, PCF Nanterre
 
Une délégation du MRAP,  d’élues,  de militant-e-s du PCF, du MJCF, du Front de Gauche (1)  a rencontré dimanche 14 juin des réfugiés au Centre d'Hébergement des Personnes Sans Abri (CHAPSA)  du Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers (CASH) de Nanterre.
Sur les 95 arrivés en fin de semaine à Nanterre, 70 étaient encore présents, venus du Soudan, d’Erythrée, du Tchad ou d’Ethiopie, tous demandeurs d’asile en France. Ces hommes sont arrivés en France au péril de leur vie, traversant pour certains, pendant des mois ou des années, des pays ravagés par la guerre et la misère, échappant à la mort en Méditerranée, aux refoulements illégaux aux frontières de l’ « Europe forteresse »,  puis laissés sans abris à Paris, jusqu’à devenir ces dernières semaines les victimes de violentes destructions policières, sur ordre du gouvernement,  de leurs campements de fortune.
Ils nous ont dit avoir eu vendredi la visite de M. le Préfet, et même de M. le Ministre de l’Intérieur ( ?). Lundi, des « fiches » de demandeurs d’asile leur seront remises par la préfecture. Puis, ils seront répartis dans des Centres d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA) sur tout le territoire national. Mais l’insuffisance des places dans ces structures d’accueil fait penser que probablement cela demandera du temps. D’autre part, des centaines de réfugiés sont encore à la rue à Paris, notamment dans le 13ème arrondissement. Certains pourraient à leur tour se retrouver à Nanterre, ou dans d’autres lieux d’hébergements sociaux, dans les Hauts-de-Seine et d’autres départements.
Des personnels du CHAPSA se sont mobilisés, sacrifiant même leur dimanche, pour que les conditions d’hébergement soient les meilleures possibles. Ce qui ne va pas sans créer des tensions et d’insolubles dilemmes. Des dizaines de personnes en situation de grande détresse sociale, dont l’accueil et l’hébergement est la mission du CHAPSA,  ont dû appeler le 115, saturé, pour ne pas passer la nuit dehors. Les moyens sont en effet limités, et  le devenir de l’ensemble du centre hospitalier est menacé par la politique gouvernementale d’austérité, comme le rappelle le maire de Nanterre dans un communiqué.
La délégation a quant à elle commencé à organiser la solidarité avec les réfugiés sur deux points essentiels :
-          Aider à ce qu’ils gardent contact entre eux et avec les associations de soutien (échange de n°de tél. et mails), notamment avec le réseau qui se constitue autour de l’ASTI de Colombes, et appelle au soutien avec une trentaine de réfugiés hébergés dans un foyer Adoma (communiqué ci-dessous)

-          Organiser d’urgence une collecte pour des produits de première nécessité (produits d’hygiène, sous-vêtements (hommes) et vêtements…) en complément de ce que peut faire le CHAPSA

Collecte et souscription : 56/58 rue Sadi Carnot, 92000 NANTERRE.
Les premiers dons seront portés mercredi 17 juin en début d'après midi

Nous appelons les élu-e-s, les militants associatifs, syndicalistes, politiques, citoyens,  de gauche et de progrès, à participer à la manifestation à Paris, mardi 16 juin, pour l’accueil et la régularisation de tous les réfugiés et migrants laissés sans abris (appel unitaire ci-dessous)

(1)   La délégation a commencé à s’organiser en un comité de soutien ouvert à toutes et tous ceux qui le veulent, et a procédé sur place à une première répartition de tâches. Elle était composée de : Laureen Genthon, conseillère départementale ; Nadine Garcia (PCF Nanterre), contact avec la direction du CASH et avec le Secours Populaire ; Gwenn Herbin, conseillère municipale,  MJCF Nanterre, organisation de la collecte ; Clotilde Da Costa, citoyenne, Front de gauche Nanterre ; Pierre Bernière, PCF Nanterre ; Catherine Sceaux, PCF Nanterre ; Eve, MJCF Nanterre ; Manuel Devillers, militant associatif, ancien conseiller municipal EELV (qui, ne pouvant pas venir ce dimanche, avait pris contact la veille avec le CHAPSA) ; André Landrain, président du CL du MRAP, contact avec les réseaux de soutien aux migrants locaux et nationaux.


Communiqué de l’ASTI-Colombes
 
Une petite délégation de l'ASTI est partie ce samedi après-midi à la rencontre de la trentaine de réfugiés expulsés de Paris et qui se trouvent actuellement au foyer Adoma de la rue Colbert à Colombes. Nous avons pu discuter avec une petite dizaine d'entre-eux en arabe ou en anglais. Il en est ressorti qu'ils sont principalement soudanais, erythréens et tchadiens et qu'ils souhaitent faire une demande d'asile en France. Ils n'ont pas de rendez-vous prévu avec les autorités administratives et aucune aide alimentaire ne leur avait été donnée. Nous leur en avons donc fourni une, de quoi je pense tenir le week-end.
 
Que l'ASTI n'ait pas connaissance d'un dispositif que les autorités administratives auraient mis en place n'est pas important mais que les réfugiés eux même n'en aient pas plus connaissance pose un problème immédiat et me semble plutôt préoccupant.
 
Rejoint par le centre social et culturel du petit Colombes nous avons prévu de nous retrouver lundi à 19h au centre social (213 rue Colbert).
Nous invitons tous ceux qui le souhaitent à ce prochain rendez-vous.
 


APPEL : SOLIDARITE AVEC LES REFUGIES

Les organisations signataires et les représentants des réfugiés de « Pajol » constatent que les rares solutions proposées à ce jour par les pouvoirs publics, dont la Mairie de Paris, ont été obtenues par la seule mobilisation des riverain-es, des associations et avec le soutien des partis politiques. Elles ne sont pourtant pas à la hauteur des enjeux.

Dans plusieurs endroits de Paris, les réfugiés se trouvent dans des situations scandaleusement précaires. Cette situation les empêche en outre de faire valoir leurs droits.

En conséquence, nous exigeons :

·         La libération immédiate de tous les réfugiés qui se trouvent en centre de rétention après leur arrestation dans les jours qui ont suivi l’évacuation de la Chapelle.

·         Que la Ville de Paris tienne ses engagements faits le jeudi 11 juin soit 110 hébergements minimum mais dans des conditions décentes en termes de couvertures, propreté, soins, sanitaires, nourriture, ce qui n’est pas le cas pour tous et ce jusqu’à l’ouverture d’un lieu d’hébergement pérenne. Nous exigeons que les migrants qui n’ont pas bénéficié de ces propositions, car absents de la caserne de pompiers de Château Landon, et qui se trouvent aujourd’hui dans le jardin d’Eole disposent de mêmes conditions dès ce week-end. Ils doivent être en outre accompagnés par l’administration dans leur demande d’accès au droit d’asile.

·         L’ouverture d’espaces d’accueil et d’hébergements collectifs pour accueillir ceux d’Austerlitz, de la Gare de Lyon, de La Villette et de tout autre lieu où les réfugiés pourraient se regrouper pour être logés le temps qu'il faut et de permettre aux associations de travailler avec eux notamment pour voir dans quel dispositif ils et elles souhaitent et sont susceptibles d'entrer (droit d'asile, MIE, etc.) ou simplement leur permettre un simple transit vers un autre pays dans de meilleures conditions, en particulier sanitaires. La Mairie de Paris doit prendre ses responsabilités et ouvrir au moins un espace ad hoc intra muros.

·         L’ouverture d’un Guichet unique pour les réfugiés.

- Des solutions pérennes à commencer par l’ouverture de centres d’accueil.

La France est loin de prendre sa part dans l’accueil des réfugiés qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie alors même qu’elle porte sa part de responsabilité, comme l’Union européenne, dans les raisons qui les poussent à partir. Ils ne disparaitront pas du territoire par la répression et l’indifférence des pouvoirs publics. Il faut une toute autre politique en faveur des réfugiés qui prenne en compte la situation actuelle et anticipe sur celle des années à venir.

La mobilisation doit donc s’accentuer.

Dans l’immédiat :

- Nous demandons à la Mairie de Paris qu’elle reçoive une délégation comprenant les représentants des réfugiés, pour exiger qu’elle tienne ses engagements.

- Nous appelons toutes les citoyennes et tous les citoyens à soutenir les réfugiés là où elles et ils se trouvent, notamment à travers des rassemblements organisés dès samedi dans les quartiers concernés (La Chapelle, Austerlitz…)

- Nous appelons à une manifestation partant du 18ème arrondissement le mardi 16 juin à 18h30

Signataires au 13 juin

Alternative Libertaire, EELV, Ensemble, Gauche Unitaire, NPA, Parti de Gauche, PCF, MJCF 75

CGT 75, CGT Education, Solidaires, UNEF

RESF, LDH, MRAP, CSP 75, CISPM

 

mercredi 20 mai 2015

Soyons nombreux, montrons que nos "gouvernants" ne parlent ni n'agissent en notre nom...



Le vendredi 22 mai de 20h00 à 21h00 : rassemblement silencieux, avec pour mot d'ordre : « Des Ponts Pas Des Murs, contre les naufrages en Méditerranée » à l’embouchure du Pont des Arts, 
Attention, le lieu de rencontre a changé !
Rendez-vous sur l'autre rive, Place Mahmoud DARWICH (devant l'Académie Française), côté Quai de Conti, aux abords du pont des Arts !
Devant l'inertie des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE face à la situation des migrants en Méditerranée une centaine d'organisations ont interpellé le président de la République et les élus le 6 mai *
En coordination avec d'autres réseaux et organisations en Europe, elles appellent à se mobiliser en perspective du sommet européen qui aura lieu les 25 et 26 juin.
* Leurs revendications sont les suivantes :
· mettre en œuvre sans délai une véritable opération de sauvetage en mer, dotée de moyens à la hauteur des besoins et portée par l’ensemble des Etats membres, à même de prévenir les naufrages et de secourir efficacement toute personne en détresse.
· mettre en place un mécanisme d’accueil des personnes migrantes et réfugiées sur la base de la solidarité entre Etats membres, en activant en particulier le dispositif prévu par la directive européenne du 20 juillet 2001 relative à la protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées.
· ouvrir des voies d’accès au territoire européen pour les personnes migrantes et réfugiées, dans le respect du droit international et européen.
· bannir en matière de migrations toute coopération avec des Etats tiers, d’origine et de transit, qui ne respectent pas les libertés et droits fondamentaux.
Sur ce même sujet : Appel "Migrantes et migrants morts en Méditerranée" : Une pétition initiée par la section LDH de l’EHESS, le Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-e-s et qui peut être signée en ligne ici : http://www.cyberacteurs.org/…/migrantes-migrants-nbsp-repre…

Communiqué de l'UCIJ (Unis Contre Immigration Jetable)
Contre les naufrages en méditerranée : mobilisons-nous !
Aux nombreux cadavres de migrants qui flottent chaque jour en mer Méditerranée, le sommet extraordinaire de Bruxelles qui a réuni les chefs d’Etat, répond par le renforcement de l’arsenal sécuritaire et des moyens financiers de FRONTEX.
Ainsi, les États membres de l'UE donnent clairement priorité au contrôle des frontières et des eaux territoriales aux dépens des vies humaines.
En France, de nombreuses associations signataires de l’appel « Contre les naufrages en Méditerranée : des ponts, pas des murs ! », appelle citoyens et acteurs de la société civile à se mobiliser contre l’inhumaine politique migratoire de l’Union Européenne. 
Les mobilisations auront lieu du 20 au 30 mai, avec un temps fort prévu le vendredi 22 Mai.

L'UCIJ appelle tous ceux et celles qui pensent qu’une autre politique migratoire, respectueuse des droits humains, empreinte de solidarité est possible et nécessaire à se mobiliser le Vendredi 22 Mai.

samedi 16 mai 2015

"Reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation"



Samedi 9 mai, le collectif, dont l’appel initial compte environ 2000 signataires, organisait un colloque à Gennevilliers. Farid Bennai a introduit la discussion en plénière par la lecture d’un texte publié par Médiapart. Plusieurs courtes interventions ont ensuite évoqué des luttes et des débats en cours : les chibanis de la SNCF contre les discriminations ;  les crimes coloniaux du 8 mai 1945 à Sétif ; Antisémitisme et islamophobie (UJFP) ; les droits des Roms ; les luttes pour la régularisation des sans- papiers (UNSP) ; violences policières ; appel du 21 mars contre le racisme ; sortir du colonialisme ; Droit Au Logement ; Exhibit B ; PIR ; FUIQP…

Puis le travail a continué en ateliers. J’ai participé à celui consacré à « débloquer les verrous idéologiques »

Ne pas parler au nom des sans voix, situer sa parole….

L’atelier « combat  idéologique », un des temps forts du forum organisé à Gennevilliers, était co-animé par le sociologue Eric Fassin et la jeune militante communiste Sonia Nour.  Pas moins de vingt-six interventions  ont tissé un échange réactif et passionné. Je ne peux qu’en écrire ce que j’en ai noté et retenu, et c’est à croiser et confronter avec d’autres points de vue. C’est – en tout cas ce devrait – être la règle pour tout ce qui se voudrait rendre compte d’un débat, mais c’est encore plus vrai de celui-ci. Comme en prenant la parole samedi, il importe en effet d’abord de situer ici qui dit je.
Je suis militant communiste, du  réseau Migrations-citoyenneté PCF92,  et c’est en tant que tel que, personnellement, je suis un des premiers signataires de l’appel « Reprenons l’initiative ».
 Je suis aussi militant du MRAP, organisation dont on aurait bien tort de mépriser l’histoire et l’activité présente parce qu’à un congrès la notion de « racisme anti blanc » est passée. Nous sommes nombreux, et sans doute très majoritaires, à demander que ces mots, aussi choquants qu’en contradiction avec nos engagements réels,  disparaissent le plus vite possible.
J’ai fait le choix d’enseigner plus de vingt ans dans un quartier populaire de Nanterre, et depuis plus de vingt ans j’habite la même cité que des élèves et leurs parents. Combattre les inégalités et les oppressions de classe, les discriminations, une politique et des idéologies de plus en plus « racialisantes », xénophobes, aux côtés des habitants du quartier, comme aux côtés des « sans-papiers », aux côtés des Roms … c’est de plus en plus difficile.
Les luttes menées avec mes organisations politique, syndicale et associative marquent le pas. C’est pourquoi j’ai participé au colloque, pour inventer ensemble d’autres pratiques, pour ouvrir d’autres perspectives.
Quelques idées fortes que j’ai retenues de l’atelier où nous nous sommes efforcés de « débloquer des verrous idéologiques. » :
Racialisation, assignation…
Le racisme, c’est des discriminations, des mépris, des violences,  des crimes. Le passé imprègne notre présent, et notre époque, notre société, nos gouvernants,  nos institutions, ajoutent des formes de racisme, des souffrances nouvelles. Personne ne doit, ne peut parler à la place de celles et de ceux qui en sont les victimes directes. Evidemment, ceux qui comme moi sont blancs de peau, ne font partie d’aucune « minorité visible », ne sont pas « héritiers » de peuples colonisés,  ceux qui ne sont pas musulmans, ne sont pas juifs, ceux qui n’ont pas le look de jeune des cités ou de migrant avec ou sans papiers,  cibles de contrôles  et de violences  policiers, ceux qui ne sont pas des Roms chassés de bidonville en bidonville… ceux-là, « les Blancs »,  ne vivent pas dans leur chair ni dans leur âme les blessures infligées aux « racialisé-e-s ». « L’empathie, ce n’est pas l’expérience de la souffrance »,  « Il faut des espaces où les « racialisés » dominés décident entre eux de leurs actions autonomes », a-t-il été répété, faisant parfois le parallèle avec des mouvements pour les droits des femmes contre le patriarcat. Dans cette logique, la discrimination positive (impliquant des « statistiques ethniques ») serait, pour certains,  à revendiquer.

Un vif débat à propos des manifestations contre Exhibit 2, performance artistique ressentie comme raciste et blessante par des intervenants,  alors que d’autres militant-e-s antiracistes ont regretté que ces manifestations aient empêché qu’un débat ait lieu (1), a montré combien la question est complexe. Au nom de l’ «Universel » dont la culture européenne serait porteuse, on sait que la colonisation passait, et passe encore dans une partie de l’opinion, pour avoir eu de prétendues vertus  « civilisatrices ».  On sait que des organisations « progressistes » au nom de bonnes intentions - philanthropiques, voire charitables - ont parlé, et pour certaines parlent encore,  au nom de dominés laissés sans voix, pour les instrumentaliser à des fins politiciennes ou par incapacité à sortir d’un paternalisme fondamentalement raciste.

Aimé Césaire, avec son concept de négritude, appelait à « se mobiliser comme tel, pour échapper à l’assignation, condition nécessaire pour s’émanciper, pour construire un « universalisme situé », selon un intervenant.  Mais c’est aussitôt pour pointer lui-même le danger : celui de l’ « essentialisation » de l’être humain dans une des caractéristiques de son identité, alors que l’identité individuelle, la personnalité de chacun, sont forcément multiples . Le concept de racialisation  lui-même, si cette racialité devient l’identité subjectivement revendiquée par les « racialisés », serait-il piégé, porteur d’une « assignation » raciste à sa « race » ?


La hiérarchisation des racismes renforce le racisme


 Des échanges sur l’antisémitisme, lancés notamment par des militantes de l’UJFP, ont montré le danger de la  « hiérarchisation » des racismes. Depuis le début des années 1980, l’idéologie de la « guerre des civilisations » prétend assigner les juifs à être du côté de l’Occident, comme partie constitutive d’une Europe qualifiée désormais de  judéo-chrétienne, et, paradoxalement, à être sionistes et soutiens inconditionnels  de la politique de l’Etat d’Israël en Palestine occupée. La banalisation de l’islamophobie contrastant avec la condamnation de l’antisémitisme, dans la politique portée notamment par Manuel Valls, cela  ne relève donc pas seulement d’un « deux poids-deux mesures » dans le dosage des mots, mais bel et bien d’une vision idéologisée d’une « guerre des mondes racisés», où le Juif serait  l’allié de l’Occident  et le Musulman son ennemi potentiel ou effectif. Ce qui ne peut qu’ajouter des formes nouvelles d’antisémitisme, par exemple avec la répression des manifestations contre les massacres de Gaza, et alimenter des théories du complot à la Soral, qui recyclent les vieux thèmes de l’antisémitisme des siècles passés. Parfois cité, le concept de « philosémitisme d’Etat », qui pour ses inventeurs, prétend exprimer l’hypocrisie d’un « antisémitisme retourné »,  et ouvrir un nouveau front dans la lutte idéologique, est, pour beaucoup d’entre nous, pour le moins ambigu, et il risque surtout de conforter… l’antisémitisme !

Comment s’émanciper vraiment des mots, des catégories racistes ?

 L’intitulé du colloque était clair : « contre les politiques de racialisation », dont « personne ne sort indemne », a averti Eric Fassin. « Nous sommes tous racialisés, les Blancs aussi ». Ce qui ne veut pas dire que le « racisme anti-Blanc » serait un concept  recevable, parce qu’il ne correspond pas à une structure de domination subie par les Blancs du fait de leur « racialisation », mais qu’au contraire le fait d’être défini comme Blanc constituerait  un privilège et une assignation à une place de dominant.
Les antiracistes « blancs » n’ont pas été les seuls à se rebeller contre l’assignation à leur « race » ! Une militante d’origine tunisienne, une universitaire  algérienne qui travaille sur le code de la famille, ont été parmi les plus véhémentes à dire leur ras-le-bol de leur catégorisation selon des stéréotypes attendus d’après leurs noms, leur religion supposée… Alors, que peut vraiment signifier concrètement l’expression  lancée par une « militante féministe post coloniale » : « Les Arabes, les Juifs et nos alliés Blancs » ?
Une enseignante de Bobigny a expliqué que dans ses classes «  les Blancs, c’était des enfants roms ! », ajoutant qu’ « on est racialisé par sa classe sociale avant de l’être par son origine », mais que l’appartenance de classe s’est effacée des consciences.

La lutte contre le racisme, une question politique

D’emblée, justement, l’accent avait été mis sur « enjeux de classe/enjeux de races »,  dans les quelques mots d’introduction des animateur-animatrice de l’atelier. L’antiracisme aurait été jusqu’à présent uniquement perçu par les organisations « traditionnelles » sous l’angle moral, individuel, comme une question d’ignorance à combler…Il s’agit maintenant de prendre la mesure de sa fonction politique. Créer de l’altérité, des divisions, des boucs émissaires, ça sert aux dominants à rester dominants. L’erreur de « la gauche » a été de prendre à la lettre la théorie marxiste de détermination en première instance des questions économiques, des luttes de classes, et de tenir pour secondaires les « questions raciales ».
Etant entendu que le PS actuel, dans sa dérive pro capitaliste « libéral », et sa créature des années quatre-vingts, SOS-racisme, n’étaient ni présents, ni invités, ni considérés comme faisant partie de la gauche telle qu’implicitement définie, l’injonction à s’expliquer sur « comment avons-nous perdu l’initiative » s’adressait aux « politiques » présents au forum : PCF, Ensemble, citoyen-ne-s « non encarté-e-s » pour le Front de gauche, et NPA.
Les communistes participant à l’atelier étaient parmi les premiers signataires de l’appel. Leurs contributions se sont donc situées naturellement dans la recherche commune d’avancées théoriques et de luttes concrètes. Ainsi, pour Fabienne Haloui, membre de l’exécutif national et animatrice de la commission « lutte contre le racisme », l’angle de discussion pour le PCF,  c’est d’inscrire les luttes contre les inégalités, les discriminations, dans le combat de classe. En matière de verrous idéologiques, culturels, « l’extrême droite a vampirisé la laïcité »,  il en est de même de l’ « identité nationale »,  alors que la nation est constituée d’immigrations successives…

De leur côté, des militants du MRAP présents,  déjà engagés depuis longtemps, avec d’autres « associatifs » venus au forum, dans la solidarité concrète avec les Roms, les sans- papiers,  avec des peuples en lutte dans le monde, comme sur la mémoire de la colonisation et de l’esclavage, n’avaient pas le sentiment d’en rester à un « antiracisme moral ». Politiser l’antiracisme ne saurait conduire à abandonner le terrain de l’éducation populaire, ni les interventions en milieu scolaire, encore moins l’exigence que l’institution Education nationale prenne en compte la diversité des origines et des cultures pour en faire du commun, a-t-il été précisé...

Les luttes des migrants, du local au mondial.

L’active participation d’animateurs de collectifs de sans-papiers, de l’UNSP, a donné au débat une dimension nouvelle. Dès la séance inaugurale, l’évocation de la lutte des coiffeuses du 57 boulevard de Strasbourg avait été une occasion unique d’applaudir une action qui gagne. Si l’appel du collectif initial visait avant tout les habitants, de nationalité française pour la plupart,  héritiers du colonialisme et des immigrations, les luttes pour le droit au séjour des nouveaux arrivants ne pouvaient pas être hors-sujet. « Des habitants des quartiers populaires sont concernés directement, pour des membres de leurs familles par exemple, par le projet de loi sur l’entrée et le séjour des étrangers »a expliqué Violaine, du GISTI. « Seule, la carte de résident permet de s’insérer dans la société, d’avoir vraiment accès à des droits stables. Au contraire, la loi et les circulaires maintiennent dans la précarité et facilitent les expulsions au détriment du droit ».  Plus généralement, la xénophobie d’Etat, la fermeture des frontières de l’Europe forteresse ont été dénoncées. La néocolonialisme pille les richesses de l’Afrique, les interventions militaires  ont créé le chaos et mis des pays à feu et à sang… et les « boat-people » de la Méditerranée font la une de l’actualité.  Les fantasmes de l’invasion et du « remplacement »,  sont au cœur des discours de Front national, de plus en plus repris et banalisés.  

L’autonomie reste à construire…

L’ « autonomie » des luttes des sans-papiers est  posée, au moins depuis l’occupation de Saint-Bernard en 1996, ce qui ne dispense pas les associations de soutien, ni les syndicats, ni les « politiques », de construire avec eux des initiatives…Une expérience à prendre en compte, la question de l’autonomisation de l’organisation, des revendications, des formes de lutte des « dominés », des « racialisés », des jeunes des quartiers populaires, étant un objectif central du colloque.
Mais l’autonomie ne peut relever ni d’un spontanéisme subjectif, d’une identification à des groupes définis par les dominants. Qui rassembler, sur quels mots d’ordre ? des rendez-vous sont pris, les actions sont nombreuses et diverses : quelles convergences sont possibles ? quel commun en construire ?   L’essentiel reste à inventer. Cela  implique la participation réelle et directe des premiers concernés, faute de quoi le risque est grand de « parler à leur place », qu’on soit sociologue, militant associatif ou politique. Visiblement, faire venir «les jeunes des quartiers », ce n’est pas facile. Des initiatives à l’échelle de la ville, comme le développement de toutes les ressources d’internet, devraient permettre de passer vraiment à une autre étape.


Dans la synthèse en plénière, Saïd Bouamama nous a invités à être humbles et ambitieux. En effet, dans la crise que nous vivons, les « mutations sociologiques » sont synonymes de précarisation généralisée, d’angoisses, de mise en concurrence  des marchandises et des hommes à l’échelle du monde…et dans cette situation la « perception du racisme » change. Et s’intensifie surtout son utilisation comme arme de division massive aux mains des dominants pour pérenniser leur domination de classe, ajouterais-je… Changer la donne implique que le PCF, le Front de gauche, avec les forces militantes qui leur restent et celles qui sont à construire, prioritairement dans les quartiers populaires, sans rien lâcher de leurs identités, de leurs propositions sur les questions sociales et économiques, prennent vraiment l'ensemble des  problématiques posées, notamment dans le forum de Gennevilliers, comme des questions aussi "essentielles" que les questions économiques et sociales. Ne serait-ce que parce qu'elles déterminent "en première instance", qu'on le veuille ou non, qu'on l'approuve ou non, les comportements, les revendications, et la perte de confiance dans la "classe politique", d'une multitude constituée des premières victimes de la crise globale du système capitaliste, du local au mondial. 

(1) à ma connaissance, le seul lieu de controverse rassemblant une réelle pluralité, suite aux manifestations contre Exhibit 2, a été celui ouvert, pour une soirée, à l'initiative du "réseau culture" du PCF, espace Oscar Niemeyer. Le débat, qui avait duré près de trois heures, avait été vif, passionné, et l'écoute respectueuse des points de vue différents, comme samedi à Gennevilliers.  Le fait que les représentants de la "diversité" sont quasiment absents parmi les directions des centres dramatiques nationaux et autres institutions culturelles, avait été dénoncé. Malheureusement, cette initiative n'a pas fait l'objet d'un compte-rendu et n'a pas eu de suite.