ON LÂCHE RIEN !

ON LÂCHE RIEN !

mercredi 21 janvier 2015

Un film à soutenir




8, avenue Lénine - teaser 1 from Caravane Films on Vimeo.

Nous avons hâte d'accueillir à Nanterre - et ailleurs - Anna Pitoun avec son nouveau film. Le MRAP appelle celles et ceux qui le peuvent  à participer à la souscription citoyenne lancée pour son financement.

lundi 19 janvier 2015

Avec les migrants, avec ou sans papiers, mobilisation contre le racisme


L’heure est à la mobilisation : c’est une coordination de collectifs de sans-papiers qui a pris l’initiative de proposer aux organisations qui constituent Unis Contre Immigration Jetable de construire ensemble une grande manifestation pour la journée contre le racisme, le 21 mars !
Bouleversé par les crimes terroristes qui ont frappé nos amis de Charlie, les assassinats antisémites, sans oublier les autres victimes, les attentats islamophobes,  devant toutes les fractures ouvertes de notre société et du monde, je pense que la lutte contre le racisme est une des urgences. Contre toutes les formes de racisme : islamophobie, antisémitisme, persécution des Roms …
Les migrants primo-arrivants, avec ou sans papiers, sont des cibles toutes désignées pour les pires réactionnaires qui veulent récupérer l’indignation, l’émotion et l’inquiétude provoquées par les assassins terroristes. . Quelques heures après les crimes, Sarkozy, avant Le Pen, a donné le ton : l’immigration « massive », ça ferait des problèmes d’ « intégration », donc ça produirait des « intégristes », terroristes en puissance.  Moins que jamais, nous ne pouvons laisser les questions des migrations comme terrain politique à la droite, à l’extrême droite . En France et en Europe, elles sont à l’offensive, affabulant sur un « danger migratoire », voire de "remplacement" des autochtones et de leur civilisation :  des phénomènes qui seraient « incontrôlable », irrésistibles, sans encore plus de fermeture des frontières et de répression. Nous ne pouvons pas non plus laisser le terrain aux sociaux-libéraux au pouvoir. Les dangers des projets de loi xénophobes et liberticides sur l’entrée et le séjour des étrangers et le droit d’asile confirment qu’il n’y a pas de réelle rupture, depuis 2012, avec la politique que menait la droite. Sur le droit d’asile, l’explication de vote des députés communistes et Front de gauche, qui, comme ceux d’EELV, se sont abstenus est très claire. Mais le texte est quand même passé, et le plus dur de la bataille du CESEDA est à venir.
 Si la question des migrations est dramatique, c'est pour les migrants : par milliers, des noyades en Méditerranée, des morts au pied des murs de l’ « Europe forteresse »; des milliers de travailleurs sans papiers surexploités, sans droits ; des centaines de  lycéens  sans papiers à la rue ; des arrestations au faciès, des enfermements dans des centres de rétention, des expulsions ; les « exilés » de Calais privés d’abris, alors qu’on dépense de l’argent public pour qu’un mur les empêche d’embarquer; des chasses à l'immigré organisées par des bandes fascistes… C’est du sort de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qu’il s’agit : ils sont en danger. C’est, aussi, l’image de la France et de l'Europe qui est abîmée.
Pour reprendre l’initiative, il faut rouvrir des chantiers pour  faire vivre une nouvelle pensée des migrations, pour construire un nouveau regard sur les migrants, pour produire des propositions convaincantes et populaires . Par exemple, dans le monde actuel, comment rendre effectives des libertés  de circulation et d’installation qui ne soient pas réservées aux citoyens les moins pauvres des pays riches ?  Quels enjeux, pour l’ensemble des salariés, contre la mise en concurrence capitaliste,  dans la reconnaissance des droits de tous les travailleurs migrants et de leurs familles ? Comment rendre complémentaires l’existence des nationalités et une pleine citoyenneté de résidence ? Comment la lutte contre le capitalisme mondialisé, la coopération, la solidarité entre les peuples du monde, pourraient non pas supprimer, mais transformer les migrations, phénomènes millénaires constitutifs de l’Humanité ?

Que faire, après la mobilisation de millions de citoyens pour la liberté, l'égalité, la fraternité, face aux fractures ouvertes de notre société ?






Le comité de Nanterre du MRAP invite, mardi 27 janvier,
les responsables d'associations, des centres sociaux et culturels, des syndicats, à préparer ensemble des initiatives de rencontres et de débats dans la ville :
"Les crimes terroristes nous bouleversent. Ils sont de monstrueux symptômes de la crise de notre société, dans un monde où de nombreux pays sont à feu et à sang. Ils touchent les valeurs qui fondent le vivre ensemble.
Des manifestations ont montré la force du rassemblement citoyen pour faire face, pour résister. Que faire maintenant ?
Comment contribuer ensemble à agir contre l’islamophobie, contre l’antisémitisme, contre le racisme sous toutes ses formes ? Pour faire prévaloir une laïcité qui garantisse la libre expression de toutes les pensées, religieuses ou athées ? Pour faire triompher la paix ? Pour une culture libre, commune et plurielle, critique et populaire ? Pour une société qui n’exclut personne ?...


Nous avons commencé à travailler ensemble contre le racisme, le sexisme, toutes les discriminations. Quelles initiatives nouvelles construire en 2015 pour que notre appel commun « Liberté, Egalité, Fraternité, pour un avenir solidaire » soit utile et efficace ?

 Il nous semble urgent de nous retrouver, entre citoyens engagés dans la vie associative, syndicale, dans l’éducation populaire.
 

 Nous vous adressons nos salutations fraternelles

Le bureau du comité local de Nanterre du MRAP

 
PS. Nous avions prévu cette soirée dans le prolongement du spectacle « Le Vol des Cigales » initialement programmé le 11 janvier. Les événements nous ont conduits à reporter la représentation. Elle aura lieu dimanche 29 mars à 15h aux Arènes de Nanterre.
 

lire la déclaration nationale du MRAP :

samedi 10 janvier 2015

Report du spectacle, appel à la manifestation

 Avec les adhérent-e-s et ami-e-s du MRAP qui se sont investis fortement pour réussir la représentation de Voyage des Cigales, dimanche 11 janvier, nous avons cru jusqu'à hier que nous pourrions tenir cette initiative, malgré les crimes terroristes, comme acte de résistance artistique  contre la barbarie. Mais l'annonce que la manifestation prévue d'abord pour samedi a lieu dimanche, puis les difficultés, dans ce contexte, dont nous ont fait état  plusieurs centres sociaux et culturels  pour concilier l'inscription et l'accompagnement de familles pour le spectacle qu'ils co-financent  avec la volonté citoyenne de participer à la manifestation, à laquelle le Conseil municipal fait un appel solennel,  nous ont conduits à prendre la décision de reporter la représentation.  Nous recherchons une nouvelle date qui convienne aux Arènes et à la compagnie Théâtre de l'Etoile Bleue.

Dimanche le Conseil municipal de Nanterre donne un rendez-vous à 14h sur l'esplanade Charles de Gaule pour un départ collectif ensuite à la manifestation.

Le MRAP appelle à  participer à cette manifestation , et est co-signataire du communiqué national :
 
Pour une République effective
 
Aucun mot, aucune formule ne peuvent traduire notre peine : nous pleurons la mort de ceux et celles qui n’avaient qu’un crayon pour toute arme, et de ceux qui les protégeaient contre ce que nous pensions impossible. Les individus qui ont ainsi entonné un abominable hymne à la mort ont touché juste car c’est tout ce que nous aimons qu’ils ont assassiné : l’impertinence, le rire, l’inventivité, la joie de vivre, la liberté de penser, sans laquelle il n’est pas d’humanité. Et nous avons besoin que cette peine soit partagée entre tous, ici en France comme partout dans le monde. Ce monde qui a ressenti que cet événement n’était pas hexagonal mais notre histoire commune.
Bien sûr, il faudra enquêter, juger et sanctionner. Aucune démocratie ne peut accepter de plier face au fanatisme, à la violence, encore moins quand elle est dirigée contre un de ses piliers, la liberté d’expression. Bien sûr, c’est dans le cadre de l’Etat de droit que doivent agir les forces de l’ordre. C’est aussi sans stigmatisation des personnes se réclamant de l’islam que nous devons exprimer notre rejet de cette barbarie, si nous ne voulons pas entretenir des solidarités malsaines.
L’émotion ne suffit pas. Des voix s’élèvent pour appeler au rassemblement au nom des principes de la République. Mais de quelle République s’agit-il ? Il n’est pas certain que le mot suffise, en effet, à partager les mêmes principes ni les mêmes valeurs.
Le constat est terrible : sur fond de crise sociale permanente, la cohésion de notre pays a éclaté. Racisme et antisémitisme, stigmatisation d’une partie de la population, retour de la vieille antienne du bouc émissaire dont on ne retient que l’origine, relégation dans des ghettos territoriaux et scolaires, replis identitaires, ignorance de notre histoire, qu’elle concerne l’esclavage, la collaboration ou le colonialisme, et ces mots d’exclusion devenus si quotidiens au nom d’une conception dévoyée de la liberté d’expression. Pire, certains détenteurs de la parole publique n’ont pas su, et parfois pas voulu, respecter les symboles de l’égalité républicaine.
Ne le dissimulons pas, nous sommes tous responsables de cette situation. Cet échec nous est commun et nous ne saurions nous dispenser d’un regard critique sur nos propres actions.
Lorsque les principes mêmes de la République sont contredits par la réalité, chacun interpelle celle-ci dans une sorte de sauve-qui-peut généralisé en lui délivrant injonction d’agir pour son propre sort sans référence à l’intérêt commun.
S’il est bien que les partis politiques, acteurs essentiels de la vie démocratique, s’emparent de ce débat, c’est d’abord au citoyen de le mener. Avant même de rassembler les institutions et les organisations, c’est d’abord les hommes et les femmes de ce pays qu’il faut rassembler autour non d’une incantation, mais d’une République effective pour tous.
Parce que nous voulons vivre ensemble, sans racisme et sans discriminations, quelles que soient nos origines, parce que la laïcité sans adjectif, celle qui accueille sans exclure, est la garantie de la paix civile, parce que nous sommes attachés à chacun des termes fondateurs de la République – Liberté, Egalité et Fraternité –, nous avons décidé de le dire dans la rue dimanche 11 janvier, sans slogans ni bannières, simplement pour dire ensemble notre peine mais aussi notre adhésion à une République dans laquelle chacun peut, sans distinctions, se retrouver. Tel est le sens de notre appel.
 
Alain Jakubowicz, président de la Licra, Pierre Mairat, co-président du Mrap, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, Pierre Tartakowsky, président de la LDH
 
Dimanche – rendez-vous devant le MRAP, 43 bd de Magenta, à 14 heures précises.


mardi 23 décembre 2014

invitation pour Le Voyage des Cigales à Nanterre : spectacle reporté en mars





 
 

  Le comité  de Nanterre du MRAP
vous souhaite de bonnes fêtes,et pour bien commencer l'année 2015
 a le plaisir de vous inviter, en partenariat avec :       
les Centres Sociaux et Culturels : Les Acacias,  P’arc-en-ciel, La Traverse, Hissez Haut,
les associations : Authenticité, le Secours Catholique, ASAV 92, ACRI Liberté, LDH, AMNESTY INTERNATIONAL, le Secours Populaire Français

 à un spectacle tout public, à voir en famille : Le voyage des cigales
par la Compagnie Théâtre de l'Etoile bleue
 
Cette création est une invitation au voyage, une invitation au sein d'une famille tzigane. Ces nomades, une mère, ses deux fils et sa belle-fille vont légers au gré du vent, sans attache.  Le quotidien, le hasard des rencontres qu'ils font en chemin, font échos à des fables de La Fontaine. Ce glissement de lieu et de temps donne vie à un loup, un chien, une cigale, une fourmi d'ici et maintenant... Sur scène se mêlent, mime, tableaux vivants, textes et chants.Embarquement immédiat dans le monde déjanté et décalé d'un clan nomade !  C'est joyeux, burlesque, poétique et émouvant.

 
aux Arènes de Nanterre

220 Avenue de la République
(Bus 304, RER Nanterre Université)

lundi 22 décembre 2014

Les demandeurs d'asile n'ont pas fini de souffrir !



L’analyse d’Anicet Le Pors, fort de son expérience de magistrat à la cour où sont examinés les recours des demandeurs d’asile, permet d’y voir clair dans les enjeux d’une réforme peu ambitieuse. Lire aussi le dossier dans La lettre des Droits de l'Homme, éditée par la LDH.
photo (DR) prise sur le site :
La maltraitance des "exilés" de Calais, la construction d'un
"mur de la honte" pour empêcher des victimes de guerres
de rejoindre l'Angleterre...autant d'actes qui contredisent
les paroles "humanistes"du gouvernement et de sa majorité
à l'Assemblée. 
L’Assemblée nationale a adopté la semaine dernière,  à une grande majorité, avec les voix des députés socialistes, radicaux de gauche  et UDI, le projet de loi sur le droit d’asile. Tout en reconnaissant de réelles avancées, même si la plupart des changements sont des mises en conformité avec la réglementation européenne, le groupe GDR (Front de gauche), comme EELV, se sont abstenus. Plusieurs points inquiètent en effet des associations, des syndicats d’avocats et de magistrats, comme les députés communistes et Verts. Par exemple le recours à un juge unique pour des procédures accélérées,  le rôle de surveillance que seraient appelés à jouer  des personnels des CADA, ou l’absence de moyens qui risque de nuire aux droits du demandeur, d’être assisté dans son entretien, et à un hébergement.  L’UMP a voté contre, accusant le gouvernement d’ouvrir la voie à tous les abus, alors que la France serait victime d’un déferlement de migrants et réfugiés débarqués par des mafias de passeurs, et serait, à cause de la gauche, incapable d’expulser massivement les déboutés. La bataille est donc loin d’être finie. Surtout que la droite est majoritaire au Sénat, et ne manquera sans doute pas  de travailler à ce que la loi devienne à cent pour cent une machine à débouter et à expulser. Surtout qu’en ce qui concerne les mesures d’éloignement du territoire, ce sera l’affaire de la réforme à venir du CESEDA, et que c’est la plus grande partie du projet de loi gouvernemental.
Les explications de vote des groupes sont publiées en vidéo sur le site de l’Assemblée nationale. Le texte de l’intervention d’André Chassaigne, pour le Front de gauche, est transcrit dans le bulletin d’information de Jacqueline Fraysse, députée de Nanterre et Suresnes.

Pour ne pas mourir de froid à Paris, des lycéens occupent un gymnase

Hier, des Mineurs Isolés Etrangers se sont réfugiés dans un gymnase, au 116 quai de Jemmape (métros Jaurès et Louis Blanc) et lancent un appel à l'aide :

Appel urgent :

Plus aucun mineur dans les rues de Paris !

Nous, jeunes réfugiés, âgés entre 12 et 17 ans, sommes depuis deux mois livrés à nous-mêmes dans les rues de Paris. Originaires de divers pays d’Afrique, nous vivons et dormons dans la rue, en cette période de grand froid. Pour faire face à cette épreuve, nous avons décidé de nous regrouper. Ainsi, nous dormons ensemble le long du boulevard de la Villette dans le 19e arrondissement.
L'Etat refuse de nous reconnaître pour ceux que nous sommes, à savoir des mineurs isolés en danger, allant cyniquement jusqu’à nous soupçonner de mentir sur notre âge. Pour l’heure, nous ne bénéficions d’aucun droit fondamental à notre survie et à notre sécurité. 
La seule option qui nous est proposée est de faire la queue à la Permanence d’accueil et d’orientation des mineurs isolés étrangers (Paomie) pour espérer obtenir une improbable place d’hôtel réservée pour 25 personnes alors que nous sommes plus de 100 à être confrontées à cette situation d’extrême précarité..
Dans ce calvaire, nous avons rencontré des personnes et des associations qui nous soutiennent ( en nous apportant de la nourriture, des vêtements chauds…). Ensemble, nous avons convenu d’une chose : cette situation ne peut plus durer !
En l’absence d’une autre solution, nous avons décidé de trouver par nous-mêmes un refuge en investissant un gymnase, ce dimanche 21 décembre, au 116, quai de Jemmapes - 75010 Paris (Métro Jaurès, Louis Blanc). Par cette action, nous exigeons que l’État assume ses responsabilités et revendiquons notre droit d’être pris en charge, comme la loi l’impose dans le cadre de la protection des mineurs.
Afin de rendre efficace cette initiative, nous appelons tout le monde à venir nous rencontrer et à nous soutenir. Nous avons besoin de volontaires pour assurer des permanences de jour comme de nuit à nos côtés. Seuls, nous ne pourrons faire entendre raison aux autorités compétentes qui préfèrent ignorer la réalité de notre situation, et n’éprouve aucun scrupule à passer les fêtes de Noël au chaud, pendant que des enfants, dont ils devraient avoir la charge, crèvent de froid et de faim sous leurs fenêtres.
Nous avons besoin de votre aide à tous. Nous continuons à manquer cruellement de vêtements chauds (manteaux, écharpes, gants, pulls) et de couvertures, de serviettes, de nourriture, de repas chauds…
Pour réussir à obtenir une solution d'hébergement, rejoignez-nous en toute urgence dès lundi matin devant le gymnase au 116, quai de Jemmapes - 75010 Paris (Métro Jaurès, Louis Blanc).
Nous le disons haut et fort : quand l’État manque à ses responsabilités les plus élémentaires, nous sommes en droit de les lui rappeler en employant tous les moyens à notre disposition !
Amis, frères et sœurs, nous comptons sur votre solidarité.
La mobilisation pour la solidarité avec les mineurs étrangers isolés scolarisés que des services d'Aide Sociale à l'Enfance abandonnent, après souvent s'être acharnés à contester leur état civil et leur minorité, était montée d'un cran en mai et juin,  lors des "samedi sans papiers" organisés devant la Sorbonne à l'initiative du Réseau Education Sans Frontières.


 Syndicalistes lycéens et enseignants, élus de gauche et personnalités, médecins, parents de la FCPE.. s'étaient rassemblés pour exiger leur accès à des hébergements, à une aide sociale, à la régularisation de leur situation administrative, pour  leur permette de poursuivre normalement leurs études et de vivre dans la sécurité et la dignité. Le Défenseur des Droits a fait des recommandations conformes à ces revendications.
Le syndicat lycéen FIDL a été particulièrement actif cet automne, hébergeant plusieurs de ces jeunes dans ses locaux pendant plusieurs semaines. Avant le début de l'hiver, une nouvelle campagne a été lancée, pour interpeller les pouvoirs publics. En décembre, des manifestations ont permis d'empêcher l'expulsion d'un lycéen, Yéro, et   des rassemblements ont été organisés devant des permanences de l'ASE.
Les lycéens ne sont pas les seuls à souffrir du manque de places d'hébergement social et du refus de régulariser des migrants qui vivent, travaillent, étudient ici. A tel point que Mme la maire de Paris et les élus de gauche de la capitale viennent d'écrire au gouvernement pour qu'il régularise "500 sans papiers" parisiens.

Les jeunes scolarisés ont en effet besoin d'une carte de séjour dès leur majorité, et, aussi, mineurs ou majeurs, de pouvoir continuer leurs études en mangeant à leur faim et sans peur de mourir de froid .
 

POUR LES DROITS DES MIGRANTS, LA REGULARISATION DES SANS PAPIERS, LA LUTTE CONTINUE !


Merci à Jean-Claude Saget pour cette photo de manifestant-e-s du 92
D'autres images sont disponibles
La manifestation à Paris, jeudi 18 décembre, jour anniversaire de la Convention internationale pour les droits des travailleurs migrants et de leurs familles, a été marquée par des temps forts : hommage, devant la statue de la République, aux dizaines de milliers de morts dans la Méditerranée et au pied des murs de l’ « Europe forteresse » ; rassemblement devant le 57 boulevard de Strasbourg, salon occupé par des travailleuses sans papiers, victimes de patrons voyous, qui luttent pour leur régularisation par la préfecture de Paris.
Le collectif Unis Contre Immigration Jetable, qui rassemble, depuis 2006, des associations, des syndicats, des organisations politiques, contre le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile réformé par Sarkozy dans un sens répressif et xénophobe, et qui est toujours en vigueur, a joué son rôle en créant les conditions de la convergence des luttes des collectifs de sans-papiers et  des luttes syndicales, soutenu-e-s par des militants associatifs et politiques. Les cortèges de la CGT, de Droits-Devant, de Femmes-Egalité, comme ceux  de collectifs de l’UNSP (Union Nationale des Sans Papiers), étaient des plus dynamiques. Les organisations politiques cosignataires de l’appel à manifester (EELV, Ensemble !, NPA, PCF, PCOF, PG…) avaient une présence plus ou moins discrète. Certes, ce n’est pas facile de rassembler une foule militante pour une manif de plus, en décembre, un jeudi à 18h. Mais surtout il y a encore à faire pour que la date du 18 décembre s’inscrive comme un rendez-vous pour les élu-e-s et les militants politiques solidaires des luttes pour les droits des migrants.
Le débat est ouvert, dans les organisations membres de l’UCIJ, sur les formes à trouver pour se faire entendre à nouveau, alors que le projet de loi gouvernemental sur le CESEDA, qui va être proposé au vote parlementaire début 2015, est vivement critiqué.
Les TSP du boulevard de Strasbourg : une lutte devenue symbole de tous les travailleurs étrangers surexploités et sans droits
 
Un appel unitaire a été publié le 18 décembre, pour que les autorités de l’Etat fassent respecter le droit et régularisent les 17 travailleuses sans papiers :
Nous exigeons l'application de la loi !

Madame la Ministre de la Justice, Monsieur le Ministre du Travail,  Monsieur le Ministre de l'Intérieur, Madame la Ministre des affaires sociales, de la Santé et des Droits des Femmes,
Monsieur le Ministre de l’Économie, de l'Industrie et du Numérique,
Monsieur le Défenseur des Droits,

Victimes d’un « système mafieux » qui, abusant de la particulière vulnérabilité de ressortissants étrangers sans-papiers, organise une véritable traite des êtres humains en plein cœur de Paris, dans le pays qui se proclame la patrie des droits de l’homme, les 18 salarié-e-s du 57 Bd Strasbourg sont désormais en lutte depuis  le 22 mai 2014, soit depuis plus de 6 mois.

Au péril de leur sécurité - certain-e-s ayant fait l’objet de menaces de mort tout comme les militants qui les soutiennent - ils et elles ont osé briser l’omerta existant dans les boutiques de coiffure et manucure du quartier « Château d'eau » en dénonçant leur sort.

C’est en leurs noms que nous vous écrivons pour qu’à la violence qu' ils subissent ne s’ajoute pas l’injustice.
Car, à ce jour, ils se voient toujours refuser le bénéfice des dispositions de l’article L316-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qui prévoit la délivrance d’une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » à l’étranger qui dépose plainte contre une personne qu’il accuse d’avoir commis à son encontre l’infraction visée à l’article 225-4-1 du code pénal.

Sans papiers, sans droits, sans contrat de travail, isolé-e-s, sans-domicile fixes pour la plupart, victimes dans leurs pays d'origine, ils et elles sont pourtant sans conteste victimes de « traite des êtres humains » au sens de l'article 225-4-1 du code pénal, à savoir « le recrutement de personnes en situation de vulnérabilité, à des fins d'exploitation et dans des conditions de travail contraires à la dignité humaine ».

Alors que l’État devrait placer ces personnes sous sa protection pour avoir dénoncé ce système organisé d'exploitation, la Préfecture de Police refuse encore aujourd'hui d’examiner leur situation en vue d’une régularisation en tant que victimes de traite.

Alors que les intérêts de toutes et tous sont mis à mal par ces patrons voyous (perte fiscale, perte de cotisations pour les caisses sociales...), le silence et l'immobilisme du gouvernement est incompréhensible et inacceptable.

Cette attitude qui confine à la complicité passive adresse par ailleurs un bien funeste message aux salarié-e-s qui subissent ce système tout en rassurant les patrons qui en profitent !!!
Nous exigeons l'application du droit, c'est-à-dire la protection, à commencer par la régularisation, de ces salarié-e-s et la poursuite des employeurs par les services de l’État.

Les théories inacceptables échafaudées autour d'une « peur de l'appel d'air » qui justifient déjà la « gestion » féroce des flux migratoires vont-elles en outre servir à tolérer au XXIe siècle la traite des êtres humains en plein cœur de la Capitale ?

Le combat exemplaire de ces salarié-e-s c'est celui de tous les travailleurs  :
Celui du respect du Droit du travail pour chacun des salarié-e-s de ce pays !

Le patronat à travers ce système de traite place le principe de dumping social à un niveau inégalé en France.

Alors même que l'article 23 de la déclaration universelle des droits de l'Homme assure un droit de travail décent pour tous, comment vous, ministres en exercice, pourriez-vous accepter une telle atteinte aux principes fondateurs de notre République ?
Un État de droit se doit de protéger toutes celles et tous ceux qui travaillent sur son territoire !

Nous attendons de vous que vous mettiez un terme à cette situation qui n'est plus tolérable et que  les droits de ces victimes soient enfin respectés.

Premiers signataires :
ACORT, ATMF, CGT Police Paris, CGT Préfecture de Police de Paris, Collectif des cinéastes pour les sans-papiers, Collectif Ivryen de Vigilance Contre le Racisme, Droits Devant !!, Ensemble !, FASTI, Fédération de Paris du PCF, FSU 75, GISTI, La CIMADE IDF,  LDH, MRAP, NPA, ONG Tunisia Woman, PCF 10e, PG 10e, PCF, PG, PG Paris, Parti Socialiste de Gauche, RAJFIRE, Réseau Chrétien Immigrés, RESF, SUD Commerce IDF,  Syndicat de la Magistrature, Syndicats de l'inspection du travail (CGT Travail–Emploi Paris, SNTEFP-CGT, SNUTEFE-FSU, SUD Travail), Union Locale CGT du 10e, Union Départementale CGT Paris,  Union Syndicale Solidaires, Union Syndicale CGT Commerce Paris, Union Syndicale de la Psychiatrie

La députée communiste Marie-George Buffet, soutenant ces demandes, a interpellé le ministre de l’Intérieur. Question et réponse sont publiées en vidéo sur le site de l’Assemblée nationale, et la question de Marie-George Buffet est retranscrite sur le bulletin d’information de Jacqueline Fraysse, députée de Nanterre et Suresnes.
A Calais, où des manifestations étaient également  prévues le 18 décembre, à l’initiative d’un large collectif d’associations solidaires des « exilés » (voir le billet précédent), c’est encore un fois par la répression que les autorités de l’Etat ont répondu. Plusieurs demandeurs d’asile qui veulent rejoindre l’Angleterre, dont des Syriens, ont été interpellés et enfermés dans plusieurs centres de rétention administratifs. Suivre ce dossier sur le site Passeurs d’hospitalités.

 

dimanche 7 décembre 2014

Jeudi 18 décembre, manifestations à Paris et à Calais





 








Pour les droits des travailleuses migrant-e-s et de leurs familles

Pour la régularisation des sans-papiers

Pour l’égalité et le respect des droits

Le 18 décembre 2014, anniversaire la Convention internationale pour les droits des travailleurs migrants et de leurs familles, nous appelons à manifester. Nous voulons que la France la ratifie. Nous voulons le respect des droits fondamentaux pour tous les migrants et demandeurs d’asile.

Certes, l'action des collectifs de sans-papiers, les mobilisations citoyennes autour du Réseau Education Sans Frontières (RESF), l'engagement de syndicats aux côtés des travailleurs-euses sans-papiers en grève, le soutien d'associations, permettent d'empêcher des expulsions et d’obtenir des régularisations.

Mais le droit d'asile reste bafoué. L’enfermement d’hommes, de femmes et d’enfants dans des Centres de Rétention Administratifs, les expulsions, les violences, continuent. Les sans-papiers sont soumis à une terrible précarité, victimes d'un système qui encourage leur surexploitation au travail, les pénalise sur tous les plans : santé, insertion sociale et professionnelle, vie familiale. Beaucoup de sans-papiers, dont de très nombreuses femmes, dont le travail n’est pas déclaré, ou qui sont payés en dessous du SMIC, se voient refuser des titres de séjour. Et ceux qui sont régularisés le sont trop souvent avec des titres précaires. A Calais, où auront également lieu des manifestations le 18 décembre, la France oppose toujours des violences policières, l’érection de nouveaux murs, à des exilé-e-s en recherche de protection. Les mesures humanitaires en trompe-l’œil actuellement proposées n’y changeront rien.


Non à la banalisation de la xénophobie et du racisme

Cette logique de plus en plus répressive et xénophobe fait des milliers de victimes, dans la Méditerranée et à d’autres frontières, au pied des murs de l’Europe forteresse. Des jeunes, Mineurs Isolés Etrangers, scolarisés, sont à la rue. La situation humanitaire de milliers d’enfants, dont les familles sont expulsées, est encore pire outre-mer, à Mayotte. La persécution des Roms, citoyens européens, continue et s’aggrave, au mépris des droits des personnes humaines, des droits des enfants. La banalisation du racisme et des discriminations, en lien avec l’origine ou la religion, met à mal les principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité.


Pour régulariser les sans-papiers, la loi doit changer

Mais les projets de lois gouvernementaux qui viennent en débat au Parlement ne font que pérenniser et aggraver la réforme du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) à laquelle nous nous opposions en 2006. Ils ne contiennent aucune avancée vers les libertés de circulation et d’installation. Rien ne permet la régularisation des sans-papiers qui travaillent, étudient et vivent ici. Des moyens nouveaux seraient même donnés au pouvoir administratif pour les expulser, au détriment du pouvoir judiciaire, des droits et libertés de tous. Les titres de séjour seraient à statuts et durées variables, réservés au bout du compte à des migrants choisis.

Nous demandons :

-      La régularisation des migrant-e-s privé-e-s de titres de séjour, afin qu’ils aient des conditions de vie et de travail à égalité de droit et de traitement

-      La délivrance d’un titre de séjour unique, d’une carte de résident à tous

-      La fermeture des centres de rétention

-      Une pleine citoyenneté de résidence

-      Le respect du droit d’asile, de la dignité humaine, à Calais et partout



Manifestation jeudi 18 décembre à 18 h
Belleville/République/Strasbourg-Saint-Denis

signataires : ACORT, Alternative Libertaire,  ATTAC, ATMF, CGT (UD DE PARIS, Union Régionale IdF), Collectif en soutien aux Jeunes Isolés  étrangers-Paris Est, Droits Devant !, EELV, Ensemble !, Femmes Egalité, FSU, FTCR, GISTI,  LDH, MRAP, NPA, PCF, PCOF, PG, RESF, Sang pour sans (Champigny) ,Solidaires, Syndicat de la Magistrature, Union Syndicale de la Psychiatrie…

Appel du Mouvement Emmaüs et de l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle

Non au « mur de la honte » à Calais ! 
Mobilisation le 18 décembre 2014


 

Douze ans après la fermeture du hangar de Sangatte, la France va-t-elle avoir son Ceuta et Melilla à Calais ? Le nombre croissant de migrants, présents depuis plusieurs mois dans le Calaisis, conduit nos gouvernants à franchir une étape dangereuse pour les libertés et le respect des droits des migrants.
La légitimité de la présence des migrants est incontestable. Les pays dont ils proviennent - Afghanistan, Erythrée, Irak, Libye, Soudan, Syrie, notamment - en témoignent. Ils fuient la guerre, la répression, la dictature et l’arbitraire à la recherche d’une protection en Europe. Contrairement à ce qui est répété inlassablement, y compris au sommet de l’Etat, il ne s’agit nullement d’une « invasion ». Les conditions de survie indignes qui leur sont imposées en France sont intolérables. Malgré la solidarité des associations locales et la générosité des calaisiens, ils subissent l’abandon des pouvoirs publics qui proposent, à la marge, des solutions insuffisantes et n’assument pas leur responsabilité. Des moyens puissants doivent être déployés immédiatement pour secourir ces réfugiés qui se sont tournés vers nous. Faut-il attendre les premiers morts de froid dans les jungles de Calais pour déclencher enfin une réelle prise de conscience ?
Une nouvelle escalade dans l’aveuglement est en marche avec la construction d’un mur et le déploiement d’un dispositif sécuritaire de grande envergure à Calais, véritable appareil de guerre contre les migrants, entre la France et le Royaume-Uni. Nous, migrants et organisations de la société civile qui travaillons côte à côte depuis des années, refusons une telle dérive et demandons à nos concitoyens de s’y opposer fermement et massivement. Depuis des décennies, les contrôles renforcés aux frontières, les dispositifs de surveillance, d’intimidation et de contention, les mesures de déportation des migrants ont totalement échoué, ont coûté très cher et ont surtout provoqué des milliers de morts. Le mur en construction à Calais n’est qu’une nouvelle et triste illustration de cette réponse sécuritaire. Est-ce cela que nous voulons poursuivre, dans une fuite en avant inacceptable et irresponsable ?

En refusant l’asile et l’accueil, c’est la liberté dont nous jouissons nous-même qui est menacée : nous construisons les murs de notre propre prison. De cela nous ne voulons pas ! L’érection de fortifications à Calais doit cesser, et des discussions s’ouvrir sans attendre avec les autorités britanniques pour recevoir les demandes d’asile qui s’adressent à elles (comme cela a été pratiqué en 2002, à l’occasion de la fermeture du camp de Sangatte). Avec tous les Etats européens, ou avant eux, la France doit revoir la totalité de sa législation et de sa réglementation en matière d’asile et de migration (dénonciation du règlement Dublin et suppression de Frontex). Elle doit le faire dans le strict respect de l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, comme de la Convention de Genève. La France doit enfin réviser sa dangereuse et illusoire conception « nationale » de la migration, totalement inadaptée à la mondialisation des échanges humains et aux drames vécus aux portes de l’Europe. La France doit contribuer, au sein de l’ONU, à promouvoir une nouvelle gouvernance en matière de migration, respectueuse de la liberté de circulation, des droits enfin reconnus et appliqués pour tous les migrants.
Le 18 décembre prochain, Journée Internationale des Migrants, nous, migrants et organisations de la société civile engagées aux cotés des migrants, appelons à une mobilisation d’ampleur, à Calais et partout en France,

  • pour dénoncer l’indignité de l’accueil des migrants et exiger, conformément aux propositions des acteurs associatifs, la mise en place d’un dispositif d’accueil réaliste dans le Calaisis ;

  • pour refuser la réponse sécuritaire et la construction, en notre nom, du mur de la honte à Calais ;

  • pour obtenir de nouvelles politiques migratoires au niveau national, européen et mondial, respectueuses des droits et de la dignité des migrants.

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Appel du Mouvement Emmaüs (Emmaüs international, Emmaüs Europe, Emmaüs France) et de l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle.
Premiers signataires :