Nanterre en colère

Nanterre en colère

Pour nous, c’est définitivement non !

Pour nous, c’est définitivement non !
Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l’effroi légitime suscité par les attentats. Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels. Notre rejet est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester.Signez la pétition unitaire.

Etat d'urgence pour les libertés !

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recensement interactif de la Quadrature du net

40 mars 2016, Place de la République, Paris

40 mars 2016, Place de la République, Paris
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samedi 30 avril 2016

Mardi 10 mai : Hôpital debout à Nanterre !

Avril 2016 : prise de parole place de la République pour défendre
l'hôpital de Nanterre, aux côtés des personnels et usagers d'autres 
établissements. Partout, le service public est menacé, des emplois
sont supprimés. L'heure est aux luttes, tous ensemble, pour le 
droit à la santé  !
Dans les manifestations, les cortèges des personnels des hôpitaux sont nombreux. Place de la République, à Paris, des médecins, des personnels soignants et des services sociaux, des usagers, organisent un espace de débats et de mobilisation : Hôpital debout !

A Nanterre, où, depuis des années, élus, personnels et usagers multiplient les actions pour l'avenir de l'Hôpital Max Fourestier, à nouveau menacé de démantèlement, où des centaines d'emplois sont en cours de suppression, le mardi 10 mai va lancer une nouvelle étape de la mobilisation.

L'appel intégral du Comité de défense et de modernisation du Centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre :


Une longue bataille a abouti en juin 2013 à un compromis entre la communauté médicale, l’ensemble des personnels, les élus et les tutelles à un projet d’établissement voté par le conseil d’administration du Centre d’accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre.

Ce projet prévoit :
-          La préservation d’un secteur hospitalier avec le développement de l’ambulatoire et de la maternité.
-          L’amélioration des conditions d’accueil et d’insertion du pôle médico-social prenant en charge quotidiennement près d’un millier de personnes en grande précarité (personnes sans domicile fixe, désargentées et réfugiées) issues de Paris et des Hauts-de-Seine
-          La restructuration urbaine et architecturale de l’ensemble du site pour l’ouvrir sur la ville.

Dans le même temps, conformément à la demande de l’Agence régionale de santé (ARS), le CASH a réduit de moitié son déficit tout en maintenant son activité habituelle, faisant peser un lourd tribut sur ses personnels par une suppression massive d’emplois.

Nous exigeons que ce projet d’établissement tourné vers les véritables besoins en santé publique des populations de Nanterre et des environs soit enfin mis en œuvre.

A l’heure où nous écrivons ce texte, au lieu de moderniser le CASH, l’ARS décide autoritairement, sans concertation, de fermer la chirurgie conventionnelle (avec hospitalisation) et prépare la fin de la chirurgie ambulatoire (sans hospitalisation).
Ce passage en force de l’ARS signifie le démantèlement programmé de l’ensemble de l’activité médicale : fin de l’ophtalmologie, de l’ORL, de l’urologie, de l’orthopédie, de l’odontologie, des urgences et de la maternité.

Le conseil d’administration, par la voix des médecins présidents de la commission médicale d’établissement et de la commission sociale, de la représentante des personnels, des usagers et de la CAF, de la députée des Hauts-de-Seine, du maire de Nanterre et des élus de Paris, a unanimement mandaté son président, le Préfet de police de Paris, pour déposer un recours contre cette décision auprès du Comité national d’organisation sanitaire et social (CNOSS).

L’ARS doit s’engager à mettre en œuvre le projet voté en 2013, dont les Nanterriens et les populations environnantes ont besoin. Si ce n’était pas le cas, la part belle serait laissée aux cliniques privées auxquelles n’ont accès que ceux qui peuvent payer pour se soigner. C’est une honte !

On se retrouverait avec :
-          Un pôle psychiatrique
-          Un pôle de gériatrie aigüe et de longue durée
-          Un pôle médico-social dont les missions de santé publique seraient remises en cause et qui régresserait à l’état d’infirmerie pour pauvres comme au 19ème siècle !

Refusons la fermeture de notre hôpital public et de ses structures d’accueil médico-social !

Mobilisons-nous pour dénoncer la politique d’austérité imposée contre tout bon sens par l’ARS !


Ensemble revendiquons une politique de santé publique soucieuse de l’humain !

Novembre 2011 : une des nombreuses manifestations pour l'hôpital de Nanterre

Samedi 7 mai : première Nuit debout à Nanterre


Les Nuits debout débordent peu à peu la ceinture du périphérique, tentant d'irriguer la banlieue.  Les vagues de la colère ne forment pas encore une marée. Mais comme dans le cours de la Seine, pas si lent, pas si docile qu'il le paraît,  on voit que des courants s'agitent. Le fleuve est à l'étroit entre le béton qui l'enserre et retient la puissance de ses eaux vives. La vague de contestation est-elle grosse de la crue du siècle ? Trop tôt sans doute pour le dire.

 A Nanterre, c'est de l'Université que ça (re)part, des étudiant-e-s et des salarié-e-s veulent détruire des murs et construire des ponts. Place Gabriel Péri, premier lieu d'amarrage, le 7 mai : c'est un joli nom, camarades, pour explorer de nouveaux possibles, au coeur de la ville, en ce Mois de la Résistance. 

L'intégralité de leur appel aux habitant-e-s de Nanterre :


APPEL A MANIFESTATION SOLIDAIRE LE 7 MAI A NANTERRE

Nous étudiant-e-s et salarié-e-s grévistes de l’Université Paris X et occupant-e-s, depuis le 21 mars, de l’espace Pierre Reverdy, nous avons décidé d’interrompre le déroulement normal de l’année scolaire, face à une situation intolérable, dont l’attaque contre les salarié-e-s par la loi El Khomri, n’est qu’un élément. Des grèves, des blocages et des manifestations ont déjà eu lieu, mais nous pensons que les journées d’action à saute-mouton ne parviendront pas à faire reculer le gouvernement et ce que nous voulons dès maintenant c’est la grève unie jusqu’au retrait !
Après la journée de manifestation du 28 avril, si le gouvernement ne recule pas il s’agira de préparer ensemble cette grève ! Il faut maintenant détruire les murs qui séparent la ville de l’université. En effet l’Université de Nanterre est un lieu isolé qui n’entretient pas de liens réels avec la ville. Cette forteresse des temps modernes, coincée entre la Préfecture et l’autoroute, est, à l’instar de la dalle inaccessible de La Défense, le signe d’une ville où des masses d’étudiant-e-s et de salarié-e-s peuvent débarquer directement de Paris ou de leur ville dortoir sans jamais être confronté-e-s à la vie des habitant-e-s.
Pour cette raison, dans le cadre de la contestation généralisée du capitalisme et des rapports sociaux qui l’accompagnent, concrétisée par l’assemblée populaire permanente de place de la République à Paris, nous lançons cet appel aux salarié-e-s, aux habitant-e-s, et à toutes celles et ceux qui auraient des revendications à faire valoir à Nanterre pour participer à une manifestation et une assemblée publique dans la ville aux côtés des étudiant-e-s grévistes. Il devient crucial de s’approprier ensemble la politique, parce que la politique n’est pas le jeu électoral et médiatique qui sert de caution à toutes les injustices que nous subissons : la politique est le moment où celles et ceux qui souffrent de la domination, l’exploitation, la marginalisation et la violence se rencontrent et luttent ensemble.
Nous manifestons pour demander le retrait total et sans condition de la loi El Khomri, parce que nous sommes tous et toute concerné-e-s lorsque le gouvernement tente de réduire à peau de chagrin notre droit du travail. En effet, cette réforme instaure essentiellement une inversion de la hiérarchie des normes, c'est-à-dire qu’elle impose la primauté de l’accord d’entreprise sur un code du travail valable pour toute entreprise et toute branche, en individualisant ainsi nos droits, et en les transformant en « droits à la personne ». Cela a pour conséquence dramatique d’affaiblir et de précariser les conditions de tout-e salarié-e, désormais soumis aux volontés du patron, qui pourra lui demander de travailler jusqu’à 48 heures par semaine sur simple accord d’entreprise.
Nous manifestons aussi pour questionner et critiquer la manière dont la police nationale est en train d’agir. La violence et la brutalité gratuite s’étalent sous les yeux de tout le monde. Il suffit de rappeler deux images : celle du lycéen de quinze ans menotté et matraqué et celle des CRS qui jettent dans les égouts la nourriture des occupants de la place de la République. Nous descendons dans les rues pour demander la fin du processus de militarisation des forces de l’ordre et la fin des violences policières. La police n’est-elle pas censée protéger tout-e-s au lieu de les agresser lorsque  ceux-ci expriment des revendications pacifiquement ?
Nous croyons que ces mesures gouvernementales nous concernent tous. Et c’est pour cette raison que nous devons agir dans l’unité et que nous invitons tout-e-s à organiser ensemble une assemblée publique et une manifestation le samedi 7 mai 2016. Avec la sincère volonté de faire converger les luttes, cet appel est avant tout une invitation à nous rencontrer pour discuter tous ensemble des problèmes et des questions que vous, résident-e-s de Nanterre, salarié-e-s ou non, aimeriez porter dans la rue.
Il ne s’agit plus de parler pour vous mais de se retrouver pour parler et lutter ensemble.
Rendez-vous le 7 mai à 16 heures à Nanterre Préfecture et à 18 henres pour l’assemblée place Gabril Péri.



dimanche 10 avril 2016

invitation au débat

Débat ouvert à toutes celles et tous ceux avec qui nous partageons des luttes communes...
télécharger l'invitation 

Lutte(s) contre le racisme : des enjeux politiques de premier plan

A quelques jours du débat du 15 avril à Boulogne-Billancourt, trois questions à Maryse Tripier, Sonya Nour et André Landrain :

Pourquoi avoir, avec la commission « lutte contre le racisme, pour l’égalité des droits » du PCF, élaboré cette note d’une trentaine de pages, devenue contribution pour le congrès ?

Nous avons été motivés à écrire ce texte par l'urgence de la situation, la montée des insultes et des discriminations, des actes violents. La France est montrée du doigt en Europe. Nous avons voulu montrer que le racisme est un rapport social de domination, comme le sexisme, et pas simplement une idéologie néfaste. Nous avons souhaité que l'antiracisme politique devienne une porte d'entrée dans notre parti pour de nombreux jeunes des quartiers populaires

Que pensez-vous des déclarations récentes de Manuel Valls ?

 L'attitude du gouvernement nous a aussi motivés. Il hiérarchise les racismes, confond antisionisme et antisémitisme, il oppose le droit des femmes à l'Islam, et se comporte comme un pompier pyromane.
Les immigrés et les migrants ne sont pas les seules victimes de la banalisation du racisme. Mais la xénophobie est aussi au cœur des politiques qui provoquent des dizaines de milliers de morts aux frontières de l’"'Europe forteresse", qui bafouent le droit d'asile…

Cette contribution fait débat dans le PCF : sur quels points, en particulier ?

 
Les idées qui font débat dans le PCF portent sur la convergence des luttes antiracistes entre divers mouvement plus anciens et de nouveaux mouvements qui s'appuient exclusivement sur certains groupes (les ex colonisés, les Noirs...).
La question de l'islamophobie, comme notion, est discutée, ainsi que son usage par certains mouvements féministes qui opposent les luttes ; enfin la question du racisme touche à celle de la laïcité dont l'interprétation fait débat.

Pour lire la contribution : http://congres.pcf.fr/82787

1968-2016 : continuons le combat !


mardi 29 mars 2016

Co-cogito ego sum

Le Parti communiste français, dont je suis adhérent depuis 1969, prépare son congrès, le 37ème, qui se tiendra à Aubervilliers du 2 au 5 juin. Il sera précédé, dans les deux dernières de mai par les conférences de sections, au niveau des villes et de certaines entreprises, et des conférences fédérales au niveau des départements. Le débat est déjà lancé, dans des structures locales (les anciennes"cellules"dont certaines persistent ou se reconstituent), dans des rencontres thématiques, parfois ouvertes, organisées à l'échelle de villes ou de départements, sur internet... 



Je soutiens et suis signataire d'un projet de base commune alternative : "L'ambition communiste pour un front de gauche populaire et citoyen".

La base commune adoptée par le Conseil national, de nombreuses contributions sont accessibles à tous sur le site du PCF.

Je suis co-signataire d'une contribution collective :

"L’antiracisme, un défi à relever ! Celui de l’égalité et de l’unité du peuple !" avec  d'autres communistes de la commission nationale qui travaillent sur ces questions.

J'ai rédigé une autre contribution : "Migrations : dans quel monde voulons-nous vivre ?" à partir de mon expéreience d'animateur du collectif "Migrations-citoyenneté 92" depuis 1997 et de ma participation au collectif Unis Contre Immigration Jetable depuis 2006. Quelle que soit la base commune qui sera choisie par le vote des adhérents du PCF, qui aura lieu les 5 et 6 mai, je proposerai des amendements pour que ces questions soient prises en compte de meilleure manière pour le projet et les interventions du PCF, le plein engagement des communistes.

Le PCF, avec ses élus et ses militants, constitue une force qui est loin d'être négligeable, malgré une baisse de ses résultats électoraux. Je suis de ceux et de celles qui pensent que "nous valons mieux que ça", à condition bien sûr de devenir, avec d'autres, une organisation politique vraiment reconstruite pour faire que les travailleurs, les citoyennes et les citoyens, toutes celles et tous ceux qui vivent en France, et qui ont intérêt à un changement démocratique de portée révolutionnaire, s'emparent elles-mêmes et eux mêmes de la politique. 

En ma soixante-sixième année, mon plus grand souhait est que de  jeunes militantes et militants fassent vivre un "communisme du 21ème siècle", prennent toutes les responsablités, pour que ça change y compris dans notre parti,  et si je puis être utile à les y aider, ils et elles peuvent compter sur moi. 

Une lutte qui s'inscrit dans la durée...

OCCUPATION DE LA LA DIRECTION GENERALE DU TRAVAIL (DGT)                                           
PAR LES TRAVAILLEUR(E)S SANS-PAPIERS -TOUR MIRABEAU - 39-43, quai André Citroën – Paris 15ème (métro : Javel).


Ce mardi 29 mars depuis 12 h 30, 250 travailleur(e)s sans-papiers, soutenus par l’intersyndicale du ministère du Travail CGT – SNU TEFE FSU – SOLIDAIRES et Droits devant !!, occupent la D.G.T.

Après avoir occupé l’Inspection du Travail le 27 janvier et avoir rencontré le Ministère du travail qui n’a donné aucune réponse aux revendications des sans-papiers, l’occupation de la DGT, directement reliée au ministère, vise à obliger celui-ci à répondre.

Cette action s’inscrit dans la mobilisation générale contre la loi El Khomri, qui attaque en profondeur les droits des travailleurs, à commencer par ceux qui sont les plus vulnérables et précarisés, les sans-papiers.

 A travers la DGT, les travailleur(e)s sans-papiers exigent que se mette en place un large processus de régularisations qui assèche durablement ce terreau d’esclavagisme moderne.

La circulaire Valls de novembre 2012 ne permet plus que des régularisations au compte-gouttes. Il est temps que ces travailleur(e)s, par lesquels se développe un patronat voyou qui s’exonère ainsi de ses charges, rentrent dans leurs droits.

Parce que sans-papiers, ils sont soumis à une surexploitation qui se banalise, sont de plus en plus contraints au travail au noir ou dissimulé, subissent des cadences infernales pour des salaires de misère.

POUR LA REGULARISATION DE TOU(TE)S CES TRAVAILLEUR(E)S SANS-PAPIERS, CONTRE LA SUREXPLOITATION,

NOUS EXIGEONS :

-          Que tout travailleur sans-papiers soit régularisé sur simple preuve de relation de travail, sans condition de durée, de séjour ou d’emploi,

-          Que l’inspection du travail soit dotée d’un pouvoir de régularisation d’un sans-papiers sur simple constat d’une relation de travail,

-          L’abrogation de la taxe de l’Office Français de l’Immigration et de l’intégration (OFII), discriminatoire et synonyme de préférence nationale, qui oblige l’employeur à payer une taxe avoisinant les 1000 euros pour l’embauche d’un travailleur sans-papiers, que celui-ci paye en réalité de sa poche.

lundi 28 mars 2016

Les travailleurs sans papiers dans les manifestations contre le projet de "loi travail", pour un code du travail non discriminatoire.

Dans la manifestation du 9 mars à Paris


Des travailleurs et des travailleuses sans papiers, dans les cortèges de leur syndicat ou de leur collectif, participent aux manifestations contre la loi "travail". Pour eux, l'enjeu est non seulement la solidarité de classe avec tous les salariés, précaires et chômeurs, mais  il est aussi de changer ce qui, dans le code du travail, empêche leur régularisation administrative et l'égalité des droits.

Oui, une réforme du code du travail s’impose : en finir avec le régime de l’« autorisation de travail », discriminatoire à l’égard des étrangers : c'est le titre d'un appel lancé par le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s)
le SNTEFP-CGT (Syndicat national du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle), Sud-Travail, l' Union syndicale Solidaires, l' UD-CGT-Paris.

Ils demandent :

"- la suppression du régime de l’autorisation de travail ;
- la suppression de la « taxe Ofii » due par toute entreprise qui emploie une personne étrangère ;
- la délivrance d’une carte de séjour à toute personne qui occupe un emploi salarié, de quelque durée et nature qu’il soit ;
- l’instauration, pour les agents de contrôle des différentes administrations, notamment les inspecteurs et contrôleurs du travail et les agents des organismes de sécurité sociale, d’un pouvoir de régularisation sur simple constat de l’existence d’une relation de travail et signalement à la préfecture pour que soit délivré à la personne salariée un titre de séjour."

.Le patronat ne doit plus pouvoir surexploiter ces travailleurs, continuer à profiter impunément d'une main d'oeuvre "sans papiers et sans droits". Il faut mettre un terme à  un système de "délocalisation à l'intérieur" même du pays de secteurs économiques impossibles à délocaliser dans des pays où le coût de la main d'oeuvre est moins cher (BTP, restauration, commerces, services..).

La ratification par la France, et les autres pays de l'UE,  de la Convention internationale pour les droits des travailleurs migrants et de leurs familles, est une revendication à faire grandir.

Mais au contraire le dumping social, au détriment des travailleurs français et des travailleurs étrangers,  est une forme extrême de surexploitation des salariés qui s'étend aux ressortissants d'autres pays de l'UE : "La loi El Khomri pourrait déboucher sur un recours massif aux travailleurs détachés", explique l'Humanité.



dimanche 27 mars 2016

Allez, pour obtenir que la "loi travail" soit enterrée, on se met tous sur notre 31 !

Jeudi 31 mars, la mobilisation va encore monter d'un cran. 
  Depuis le 9 mars, les manifestations se succèdent, à l'initiative d'organisations de la jeunesse, avec le soutien et l'active participation des syndicats  CGT, FSU, SUD-Solidaires, FO...et d'organisations politiques de gauche qui dénoncent et combattent la politique menée par le PS au pouvoir.
  Malgré les manoeuvres et les provocations du gouvernement, malgré la complicité de dirigeants, dits "réformistes", de syndicats comme la CFDT, nul n'est dupe : avec la loi dite "travail" c'est bel et bien les grands patrons, les donneurs d'ordre, qui feront ce qu'ils voudront. C'est à dire décider des salaires et du temps de travail : la campagne du MEDEF et du gouvernement pour faire baisser le "coût du travail" annonce la couleur. Qui peut croire que travailler plus et gagner moins, diminuer les indemnités de ceux des chômeurs qui en perçoivent, faciliter les licenciements...ça pourrait créer des emplois, ce serait bon pour l'économie ? Qui pourrait croire que l'argent manque pour faire autrement, quand les entreprises du CAC 40 accumulent d'énormes bénéfices, au seul profit de leurs actionnaires, et paient des "salaires", des "retraites chapeau", offrent des actions de faveur,  à certains patrons et dirigeants,  qui représentent, chaque mois, des années, voire une carrière entière, payées  au SMIC ? Quand des dizaines de milliards de cadeaux fiscaux, des centaines de milliards d'exonérations de cotisations sociales, leur ont été octroyées, depuis des dizaines d'années, sans que celà diminue le chômage ?

La ministre n'est qu'un fusible, c'est le président de la République, le Premier Ministre et tout leur gouvernement, qui veulent casser le code du travail, selon le désir du MEDEF. Depuis 2012, l'abandon des engagements électoraux et des valeur de la gauche s'accélèrent. Cette fois, "trop c'est trop", disent certains socialistes eux-mêmes, qui se rendent compte que ce n'est pas en faisant une politique de droite qu'on peut faire gagner la gauche : les élections récentes montrent que c'est le FN qui en profite.

Syndicats et associations construisent une mobilisation de fond

Plusieurs associations, comme ATTAC ou la fondation Copernic popularisent  des analyses fouillées et contribuent à la mobilisation. 
Jeudi 31 mars sera un jour décisif. Côté syndicats, on prépare depuis des semaines une journée comme on n'en avait pas connue depuis bien longtemps :

Communiqué commun CGT, FO, FSU, Union syndicale Solidaires, UNEF, UNL, FIDL
vendredi 25 mars 2016
Comme les 9 et 17 mars, étudiant-es, lycéen-nes, salarié-es, privé-es d’emploi et retraité-es ont montré ce jour toute leur détermination à obtenir le retrait du projet de loi travail.
Les organisations signataires rappellent que les pouvoirs publics doivent garantir le droit à manifester, à se réunir, à s’organiser, tout en assurant la sécurité des manifestant-es.
Les modifications apportées par le gouvernement au projet de loi Travail ne changent rien à l’affaire : le texte présenté au conseil des ministres reste toxique pour les salarié-es d’aujourd’hui et de demain. De toute évidence, ce texte ne permettra pas les créations nécessaires d’emplois, généralisera la précarité et aggravera les inégalités professionnelles notamment envers les femmes et les jeunes. C’est ce que montre l’exemple des pays européens ayant suivi cette voie.
Dans ce contexte où l’emploi et les salaires restent des préoccupations majeures, il est urgent de développer des emplois stables, de qualité, et de nouveaux droits sociaux.
Les organisations syndicales (CGT, FO, FSU, Union syndicale Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) appellent l’ensemble des salarié-es, privé-es d’emploi, étudiant-es, lycéen-nes, retraité-es à se mobiliser par la grève et à participer massivement aux manifestations le 31 mars pour obtenir le retrait de ce projet de loi et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.
A l’issue de la journée du 31, le gouvernement doit répondre. Si tel n’était pas le cas, les organisations signataires inviteront les salarié-es et les jeunes à débattre la poursuite de l’action dans les jours suivants et à renforcer les mobilisations, y compris par la grève et les manifestations.
Les organisations signataires appellent d’ores et déjà le gouvernement à les recevoir pour prendre en compte leurs revendications et les mobilisations massives et répétées.

Le secteur public, comme le privé, est concerné. Partout des appels à la grève sont lancés. C'est le cas par exemple dans l'enseignement : 


"L’intersyndicale second degré (le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNUEP-FSU, le SNFOLC, le SNETAA-FO, le SFSDPEP-FO, la CGT, la CGT enseignement privé, le SNCL-FAEN, le SIES-FAEN, le SUNDEP-Solidaires et SUD Education) appelle les personnels à se mettre en grève et rejoindre les manifestations et initiatives prises par les organisations syndicales et les organisations de la jeunesse le jeudi 31 mars pour le retrait du projet de loi travail.
Après la forte mobilisation du 9 mars, le gouvernement a été contraint de retoucher son texte mais l’orientation générale demeure. L’affaiblissement des garanties collectives touchera l’ensemble des salariés et tout particulièrement les jeunes ; contrats de travail flexibles, renoncement à l’élévation des qualifications, délivrance de blocs de compétences au lieu de diplômes reconnus, flexibilité accrue des contrats de travail, voilà l’avenir promis à la jeunesse .
La volonté de privilégier le cadre de l’entreprise en matière de temps de travail et de rémunération conduira à des dégradations pour nombre de salariés et à l’éclatement des cadres nationaux. C’est cette même logique qui guide la réforme du collège contre laquelle luttent les personnels avec l’intersyndicale du second degré depuis un an en laissant aux chefs d’établissement en renvoyant au niveau local une grande partie des choix , en réduisant les règles communes, en aggravant les inégalités.
C’est pourquoi réussir le 31 mars est un enjeu primordial. L’heure est à la convergence des mobilisations des enseignants avec celle des lycéens, étudiants et salarié-es du public et du privé. Cela doit contraindre le gouvernement à entendre ce que disent les jeunes et les personnels . Si ce n’était pas le cas la dynamique créée pourra amener à des suites d’action rapides. C’est pourquoi l’intersyndicale appelle les personnels à se réunir en assemblées générales dans les établissements pour préparer la grève du 31 et débattre des modalités de poursuite de l’action tant contre la loi travail que pour l’abrogation de la réforme du collège (refus de faire remonter les notes, grève en mai et ou en juin…).
En fonction de l’évolution de la situation , de la mobilisation interprofessionnelle, des remontées des AG, l’intersyndicale décidera de nouvelles initiatives pour obtenir l’abrogation de la réforme du collège et l’ouverture rapide de discussions sur d’autres bases. La réforme ne doit pas être mise en œuvre à la rentrée 2016." (source : http://www.snes.edu/Communique-intersyndical-Appel-a-la-greve-du-31-mars.html )

Le pari de l'expertise citoyenne 

Un travail de décryptage du projet de loi gouvernemental et de contre-propositions, de nombreux débats publics, vise à permettre  à chaque travailleur, à chaque citoyen, de prendre la mesure des enjeux et de la gravité des reculs sociaux qu'il contient. C'est le cas par exemple à la CGT, qui met un dossier à disposition de tous : http://www.cgt.fr/-Reforme-du-code-du-travail-.html

Trop rares sont les organes de presse qui aident à dissiper l'enfumage des discours dominants. L'Humanité est de ceux-là. Présents dans toute les manif, le quotidien et son édition hebdomadaire, l'HD, a déjà publié de nombreux reportages, tribunes, dossiers...pour la plupart en accès libre sur le site humanité.fr. Un numéro spécial vient de paraître ; http://www.humanite.fr/le-texte-integral-de-la-loi-travail-decrypte-et-commente-par-lhumanite-603097.

Non, le PS au pouvoir, ce n'est pas la gauche :  non, la gauche n'est pas morte !


Malgré la dérive du Parti socialiste, qui voudrait faire croire qu'il n'y a pas d'alternative, sinon le pire du pire, des forces existent à gauche dans ce pays, à commencer par celles qui constituent le Front de gauche, qu'il s'agit de renforcer et d'élargir, pour construire une alternative majoritaire. Ce n'est pas gagné, mais quelle autre solution ? Un fort mouvement social ne pourrait-il pas rebattre les cartes, renverser la table d'un jeu politicien et subvertir des institutions faites pour que rien ne change, sans attendre de consignes, ni  2017 ?.


Toujours est-il que parmi les constituants de "la vraie gauche", les communistes, partout où ils sont présents, et leurs forces militantes de proximité sont loin d'être négligeables, participent activement à la mobilisation. Le PCF vient d'éditer un nouveau "quatre pages" de désyntox et de propositions  :
https://drive.google.com/file/d/0BwMQiLGu3u9edEVlSnJXMGs4V3M/view?usp=sharing

Dans les Hauts-de-Seine, les militants du Front de gauche, où travaillent en commun notamment PCF, PG et Ensemble, distribuent un tract pour la manifestation du 31 https://drive.google.com/file/d/0BwMQiLGu3u9eRTk5aXhRejF0Umc/view?usp=sharing

Localement, des collectifs se créent, et commencent à faire sauter des cloisons entre militants syndicalistes, associatifs ou politiques. C'est le cas à Nanterre où un tract élaboré et distribué en commun rappelle des point essentiels du projet de loi, les raisons d'exiger son retrait, des pistes pour des propositions alternatives,  et donne rendez-vous pour partir à la manifestation de jeudi,  tous ensemble, étudiants de l'Université, salariés et habitants de la ville :https://drive.google.com/file/d/0BwMQiLGu3u9ednFSbWdBNXZEZjQ/view?usp=sharing

Nous sommes le nombre, nous avons la force, nous pouvons, nous devons continuer, amplifier la lutte, ne rien lâcher, pour le retrait du projet de loi dit El Khomri.

lundi 21 mars 2016

Lundi 21 mars, journée mondiale de lutte contre le racisme


Racisme : 

la France est montrée du doigt 


La commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) vient de publier un rapport sur le racisme en France de 2010 à 2015. On y pointe la croissance des actes xénophobes, antisémites et islamophobes ; des attentats meurtriers motivés par l’antisémitisme ; un traitement inhumain des roms et une conception restrictive de la laïcité source potentielle de discriminations. 
La France, pays de la déclaration des droits de l’homme est une nouvelle fois montrée du doigt : « Le discours de haine, de par sa banalisation dans la sphère publique, demeure un sujet de préoccupation »
On sait le rôle détestable que peuvent jouer des discours politiques et médiatiques dans la libération de la parole raciste ou dans l’instrumentalisation de la laïcité pour exclure !
Cela se traduit par un racisme ordinaire non répertorié par les statistiques. L’étude du phénomène de sous-déclaration des plaintes pour propos racistes conclut que 92% des injures ne sont pas déclarées et qu’il en est de même pour 76% des menaces. Des centaines de milliers de citoyens sont, donc, en France victimes d’injures à caractère raciste et atteints dans leur dignité. 
30 ans après la marche pour l’égalité, 10 ans après la révolte des banlieues, la situation des descendant-e-s de l’immigration post coloniale et originaires des DOM-TOM, malgré quelques progrès, reste marquée par les inégalités, les discriminations et la stigmatisation
Nourri par les frustrations, les souffrances, les inégalités et les déchirures que provoque notre société en crise, par la multiplication des conflits dans le monde, le racisme gangrène la République, lui fait perdre ses valeurs et les faiseurs de haine exacerbent la concurrence entre les victimes du racisme.
Le plan gouvernemental contre le racisme adopté l’an dernier se met en place : Il est positif de renforcer la législation pour condamner la haine sur les réseaux sociaux, les actions en milieu scolaire ou de mettre en place des comités opérationnels contre le racisme (CORA) dans les départements. 
Mais mener le combat antiraciste, c’est sortir de l’ambiguïté politique :
Le Gouvernement ne peut pas déclarer l’année 2015 Grande Cause Nationale de la lutte contre le racisme et prôner la déchéance de nationalité ou encore refuser la mise en place du récépissé contre le contrôle au faciès. Quand on est Premier Ministre on ne combat pas  l’observatoire de la laïcité présidé par Jean Louis Bianco dont l’action est reconnue pour son action contre les discriminations,  on n'assimile pas l’antisionisme et la critique d’Israël à de l’antisémitisme, au risque de diffuser le poison antisémite. Enfin le rôle d’un délégué interministériel à la lutte contre le racisme n’est pas de combattre les organisations antiracistes qui ne partagent pas ses vues mais de travailler avec toutes pour combattre toutes les formes de racisme.
Mener le combat antiraciste c’est aussi prendre des mesures comme :
§  La mise en place du récépissé contre le contrôle au faciès, 
§  Le droit de vote accordé tous les résidents étrangers non européens
§  L’abrogation de la circulaire Chatel relative aux sorties scolaires
§  Un plan d’urgence pour un accueil digne des populations roms
§  Des mesures pour l'accueil des demandeurs d'asile, pour la régularisation des "sans-papiers" 
§  Un vrai plan de lutte contre l’ensemble des discriminations 
Le PCF considère urgent d’amplifier la lutte contre toutes les formes de racisme, c’est un vrai défi qu’il entend relever avec plus de force pour recréer de l’unité et gagner la bataille de l’égalité réelle !


Migrations : dans quel monde voulons-nous vivre ?


Pour la préparation du congrès du PCF( juin 2016)  j’ai rédigé ce document de travail :

Migrations : dans quel monde voulons-nous vivre ?

21 mars 2016 Nanterre

«Les migrants et les réfugiés» sont à la une des médias, au cœur de débats et de polémiques. Les bidonvilles de Calais, où sont bloquées des milliers de personnes, dont plusieurs centaines de mineurs isolés, auxquelles le Royaume Uni refuse le passage, « externalisant » sa frontière sur le territoire français, est un des symptômes de la crise et de l’impasse des politiques nationales et européenne. Plus de 30 000 personnes sont mortes dans la Méditerranée depuis l’an 2000, victimes de l’«Europe forteresse ». Selon l’OMI, l’Europe est le continent du monde le plus mortifère pour les migrants.(1)

Le choc produit par l’arrivée aux frontières de l’Europe de centaines de milliers de personnes, de milliers en France, contraintes à l’exil par les guerres, les massacres, les bombardements, les crimes de dictatures et de bandes terroristes, au Moyen-Orient ou en Afrique, a des effets contradictoires. D’une part, des réponses aux appels à l’urgence humanitaire : un élan de solidarité avec les « réfugiés » mobilise de nombreuses citoyennes et de nombreux citoyens, membres ou pas d’associations, de paroisses, de syndicats, d’organisations politiques, dont des militants et élus communistes.

D’autre part, la question de l’immigration n’en cristallise pas moins des peurs, des crispations « identitaires », qui trouvent un terreau dans la crise systémique que nous vivons, autant que dans l’horreur sidérante des attentats terroristes.
Pour autant, il n’y a pas de fatalité qui ferait que les souffrances, le besoin de sécurité, les désarrois du peuple de France entraîneraient mécaniquement la montée du racisme, de la xénophobie, des logiques guerrières, plutôt que celle des mobilisations pour le vivre et lutter ensemble, pour la solidarité entre les opprimés d’ici et les peuples opprimés du monde, pour la paix, pour construire « des ponts, pas des murs ».

Pour les 20 ans de Saint-Bernard, 18 mars 2016

1.  Des enjeux à mettre au cœur
    de notre projet communiste

Une relecture de l’important document de 2006, « LES MIGRANTS, le monde en mouvement », - 25 pages d’«analyses et propositions » et 21 pages d’ « annexes » -, reste des plus fécondes. C’est le fruit d’un travail collectif réalisé pendant plusieurs mois par le « réseau migrations-citoyenneté », et il est cosigné par 22 contributeurs. Les orientations qu’il propose ont été votées, la même année, au 33ème congrès du PCF. L’ensemble, s’il est naturellement dix ans plus tard à actualiser, demeure une référence essentielle pour notre projet et nos interventions politiques immédiates. Pourtant, trop peu de communistes le connaissent. Il est accessible sur le site du PCF : http://www.pcf.fr/594  (il sera désigné par « MMM »)
Madjiguène Cissé, 18 mars 2016,
 devant le Gymnase Japy
Ces textes ont été écrits dix ans après les occupations par des sans-papiers de plusieurs édifices parisiens, au printemps et à l’été 1996. La violente évacuation de l’église Saint-Bernard, le 23 août, est restée dans les mémoires (2). Ces évènements ont « ouvert une nouvelle période ». A l’image de celui « des Saint-Bernard » et de son large réseau de soutiens, des collectifs se sont constitués, ou se sont renforcés, dans de nombreuses villes. Ils ont fortement contribué à « changer le regard » sur les migrants, y compris au PCF, ce dont témoigne et ce qu’explique « MMM »
Meeting, 18 mars 2016, Bourse du travail, Paris
La nécessité de travailler en « transversale » avec d’autres commissions et groupes de travail est affirmée, notamment sur 
:
-          La lutte contre le racisme et les discriminations : une contribution de 28 pages a été élaborée pour le 37ème congrès par la commission Lutte contre le racisme et pour l’égalité des droits, intitulée : « L’antiracisme, un défi à relever ! celui de l’égalité et de l’unité du peuple ! », publiée sur le site du PCF :   http://congres.pcf.fr/82787 , lançant, ainsi que d’autres contributions, un débat de fond sur ces questions.

Dans la manifestation de clôture de la quinzaine anticoloniale et antiraciste
19 mars 2016, Paris



-          La solidarité internationale : « le développement des migrations implique de les penser en rapport permanent avec ce que nous entendons par mondialisation, par développement durable… ». et des propositions sont faites pour valoriser « l’apport des migrants comme acteurs essentiels du développement, des coopérations »… L’idée centrale reste d’actualité : « devoir impératif de lutter contre les exodes de la misère », non pour l’arrêt des migrations, mais pour « en changer les raisons, et les modes migratoires ». (MMM page 26)
Quelles perspectives, quel horizon, notre projet communiste peut-il ouvrir pour que le « mouvement du monde », en notre vingt-et-unième siècle, ne soit plus source d’angoisse, mais d’espoir ? Les propositions et actions contre les guerres, pour des solutions politiques aux conflits, contre les terrorismes, contre le commerce des armes et pour le la paix, en lien avec la question des réfugiés et demandeurs d’asile, sont pour cela essentielles.

19 mars 2016, Paris

Dans la manifestation contre l'état d'urgence
et les lois liberticides. 
Paris, 12 mars 2016.
Synthèse et propositions

I.            L’urgence de la solidarité avec les demandeurs d’asile

L’augmentation du nombre de demandeurs d’asile et de réfugiés dans le monde, en Europe, et dans une moindre proportion en France, crée une situation d’urgence humanitaire. Le droit d’asile, qui est un devoir et une obligation définie, depuis la Convention de Genève, par le droit international qui s’impose aux Etats signataires, est de plus en plus bafoué.
 Certes, l’accueil des réfugiés est un coût, mais ce sont des pays pauvres qui en assument la plus grande part. L’Union Européenne, les Etats qui en sont membres, sont loin d’assurer une part proportionnelle aux richesses qui y sont produites, ni à leur responsabilité dans un état du monde qui génère des « déplacements de population plus importants que jamais », en « hausse majeure » depuis 2011 (UNHCR).
 Le droit d’asile répond, en ultime recours, à la situation d’urgence de personnes contraintes à l’exil pour des raisons vitales. Les guerres et les terrorismes en sont les causes principales. Les luttes et l’ouverture de perspectives politiques pour la paix dans le monde sont évidemment essentielles pour faire cesser ces causes. Mais le monde est en état d’urgence humanitaire, et rien n’indique, au contraire, que cela va changer dans l’immédiat.

I.1.  Donner priorité au droit à la vie :

- développer vraiment les moyens pour que le droit international sur le sauvetage en mer soit appliqué en Méditerranée, supprimer le « visa Balladur » à Mayotte,
- ouvrir des routes d’accès légales et sécurisées, seul moyen d’empêcher la mort de dizaine de milliers de migrants, les violences que subissent notamment les femmes, d’en finir avec les odieux trafics des passeurs et des mafias.

I.2. Appliquer la Convention de Genève :

Il faut permettre de déposer sa demande d’asile sur le sol de l’Union européenne, dans le pays de son choix (en raison par exemple d’attaches familiales, de connaissance de la langue…), ce qui implique :
 -  de dénoncer les accords de Dublin et du Touquet, et de garantir la liberté de circulation dans l’espace Schengen,
- d’en finir avec les dépenses consacrées à l’édification de frontières fortifiées et militarisées, à des centres de tri type « hotspots » ; cet argent pourrait contribuer au financement d’un fond commun,  dans le cadre de l’Union Européenne, permettant une aide équitable aux Etats, en fonction de leurs PIB et du nombre de réfugiés qu’ils accueillent ; des sanctions, y compris financières, pourraient être envisagées à l’encontre des Etats qui refusent, pour des raisons idéologiques, alors qu’ils en auraient les moyens, de contribuer à l’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés,
- d’interdire les réadmissions contraintes de migrants, dont les déboutés du droit d’asile, dans des pays tiers, et annuler toutes les clauses de réadmission dans les accords d’aide pour la coopération et le développement. 

I.3. Assurer en France un accueil humain et digne :

- Des moyens doivent être donnés aux préfectures et aux services de l’Etat pour l’accueil, l’hébergement, l’accès aux droits administratifs et sociaux, à la santé, des demandeurs d’asile, qui doivent avoir accès plus rapidement à l’emploi, et pour le logement des réfugiés. Les partenariats avec des associations et les collectivités locales ne doivent pas faire reposer sur ces dernières, ni sur la charité publique ou les profits privés, l’essentiel de la solidarité.
- L’OFPRA et la CDA doivent statuer, en toute indépendance, sans pression politique des gouvernements ni des partis. Elles doivent avoir les moyens de traiter dans les meilleurs délais, en collectifs de magistrats, toutes les demandes des personnes, dans des conditions leur permettant d’être entendues, assistées et défendues. Les listes de « pays sûrs » doivent être supprimées, les atteintes à la vie ou aux droits fondamentaux des personnes n’étant pas le fait exclusif de certains Etats, et ne correspondant pas aux limites des frontières dans plusieurs régions et sur plusieurs continents.
-  Les dispositions légales et les circulaires favorisant l’expulsion rapide et systématique du territoire des déboutés du droit d’asile doivent être abolies.

II.   Une nouvelle politique pour tous les migrants

  La distinction entre les demandeurs d’asile et les autres migrants est souvent difficile, voire arbitraire. On distingue les réfugiés (politiques, humanitaires, victimes de guerre, de dictatures, de discriminations et de violences, des terrorismes…), parce qu’ils sont protégés par le droit international, ou ont droit à des statuts, plus précaires, de « protection subsidiaire ».  Ne faudrait-il pas multiplier les catégories : « réfugiés économiques », « réfugiés environnementaux, climatiques »… ?
  Les luttes et l’ouverture de perspective politique pour de nouvelles relations internationales, pour des coopérations et la solidarité entre les peuples du monde, pour en finir avec la domination mortifère du système capitaliste à l’échelle de la planète, sont essentielles pour supprimer les causes des « exodes de la misère », des exils qui sont toujours des déchirures et des souffrances. Et contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas d’« un appel d’air » qui attirerait vers l’Europe les plus pauvres de la planète : une très petite minorité des 7 milliards de ses habitants a les moyens d’émigrer, et la plupart restent dans des pays voisins. Ramener les choses à leur juste proportion est nécessaire : l’immigration en France est ancienne, et les flux actuels (entrées et sorties du territoire) n’évoluent pas plus que la moyenne de l’OCDE. Ils indiquent en outre que la France tend à devenir plutôt un pays de transit.
  Les phénomènes migratoires sont mondiaux et ils sont irrépressibles, comme le montre l’échec des politiques visant jusqu’à présent à fermer les frontières aux migrants, à les trier par quotas, à opposer, - explicitement ou implicitement -, « immigration choisie » à « immigration subie ». Les migrants doivent au contraire être considérés comme des acteurs essentiels pour un réel « co-développement ».       Les aides, souvent vitales, qu’ils transfèrent dans leurs pays d’origine, sont bien supérieures au montant total de toutes les aides au développement. Et contrairement à ce qui se dit sur le coût de l’immigration, les dépenses pour les accueillir sont bien inférieures à ce qu’ils « rapportent » sur le plan économique aussi, aux pays où ils sont installés.
  Le chômage massif, qui touche les travailleurs immigrés comme les autres travailleurs, ne peut être un argument recevable pour arrêter l’immigration. Dans le passé, de telles mesures n’ont jamais empêché la progression du chômage. Les luttes et les propositions politiques pour partager le travail et augmenter sa rémunération, pour un développement économique, social, écologique, créateur d’emplois, sont essentielles aussi pour traiter de bonne manière la question de l’immigration.  
   Les migrations et les métissages ont depuis toujours été des phénomènes constitutifs des civilisations humaines et de leurs progrès. C’est encore plus vrai aujourd’hui avec l’essor mondial des transports, des communications, de tous les échanges.  Que les libertés de circulation et d’installation ne soient plus le privilège des riches et de citoyens des pays dominants : c’est un nouveau droit humain à conquérir.
  Les idéologies et les politiques racistes et xénophobes, qui inventent des « identités nationales ethniques », lesquelles seraient à préserver par des fermetures de frontières, sont à combattre sans concession.  
 
II.1.  Changer pour de bon les conditions d’entrée et de séjour des migrants :

-          Supprimer les visas de court séjour, pour favoriser la « migration circulaire ».
 
-          Accorder de droit à tous les immigrés étrangers un titre de séjour unique, sur le modèle de la carte de résident valable 10 ans et renouvelable. C’est le seul titre de séjour qui permet de sortir de la précarité.

-          Supprimer les taxes, d’un montant devenu exorbitant, exigé des migrants pour obtenir un titre de séjour.

-          Fermer les centres de rétentions administratifs, supprimer les dispositions dérogatoires au droit commun, et attentatoires aux droits de la personne humaine, notamment en Outremer, et dans les zones d’attente des aéroports.

-          Obtenir la ratification par la France, et les autres pays de l’Union Européenne, de la Convention internationale pour les droits des travailleurs migrants et leurs familles
.
-          Empêcher l’utilisation des « travailleurs détachés » à des fins de dumping social, en leur garantissant mêmes salaires et mêmes droits que ceux des salariés autochtones.

-          Elargir à un collectif interministériel la responsabilité des questions de l’entrée et du séjour des migrants, qui ne doit plus relever du seul ministre de l’Intérieur.

-          Considérer, pour une réécriture de la loi, que le droit des migrants d’entrer et de séjourner en France doit être la règle, et non plus l’exception.

-          Augmenter l’aide au développement, pour atteindre les 0,7 % du PIB auxquels la France s’est engagés, et revoir ses attributions à partir des besoins des populations, en concertation avec des associations, l’ONU, et les migrants, en excluant toute accaparation à d’autres fins par des Etats et des intérêts privés.


II.2.  Protéger d’urgence les catégories les plus vulnérables :

-          Faire campagne pour l’adoption de la proposition de loi pour la protection des femmes migrantes, déposée à l’Assemblée nationale en juillet 2015 à l’initiative de Marie-George Buffet, en s’appuyant sur une résolution sur le même sujet adoptée par le Parlement européen en mars 2016.

-          Faire respecter la Convention Internationale des Droits de l’Enfant : les Mineurs Isolés Etrangers (MIE) doivent être pris en charge dans les mêmes conditions que les mineurs nationaux. L’utilisation des « tests osseux », non fiables pour déterminer leur âge, doit être interdite. A leur majorité, tous doivent recevoir un titre de séjour, et leur prise en charge doit pouvoir être assurée jusqu’à la fin de leurs études ou jusqu’à ce qu’ils accèdent à l’emploi.
L’expulsion de jeunes scolarisés, de leurs parents, doit être rigoureusement interdite, et la régularisation de leur séjour être de droit.
-        Le droit aux soins doit être garanti pour les personnes malades qui ne peuvent pas se faire soigner dans leur pays d’origine ou qui ont commencé leur traitement en France. Les décisions doivent dépendre de médecins habilités, mais, contrairement aux dispositions de la loi de février 2016, indépendants de l’OFII. La prise en charge de personnes titulaires de l’AME ou de la CMU doit être une obligation effective, respectée par tous les praticiens.
-        Les quelques milliers de migrants, citoyens européens pauvres, qu’on appelle Roms, ne doivent plus être traités en boucs émissaires, chassés de bidonvilles en campements. Des mesures d’urgence pour leur logement, pour leur accès aux droits, pour la scolarisation de leurs enfants, doivent être prises. Elles pourraient s’inspirer des propositions faites par six maires de la région parisienne et le Conseil départemental du Val de Marne, en janvier 2016, pour la résorption des bidonvilles.

III.        Vers une citoyenneté de résidence

L’égalité des droits entre immigrés et autochtones, au travail et dans la cité, est une question toujours d’actualité. Elle est presque aussi ancienne que l’immigration en France.
Dans l’entreprise, dans la vie syndicale, et dans la vie associative de la cité, des acquis importants ont été obtenus. Mais  l’ouverture des concours des trois fonctions publiques, d’Etat, territoriale et hospitalière, n’est pas acquise, pas plus que l’accès à certaines corporations. Pourtant, l’emploi massif de personnels non-titulaires de nationalité étrangère dans la fonction publique, y compris dans l’Education nationale, ou le recours à des médecins étrangers dans les hôpitaux, montrent que cette injustice devrait cesser. 
 
Les droits politiques restent en suspens. L’extension du droit de vote aux résidents étrangers, proposition du PCF réaffirmée au congrès de 2006, et depuis, continue de faire débat. Touchant le principe constitutionnel de souveraineté des seuls nationaux, il nécessite un changement de la Constitution, surtout si on le revendique pour toutes les élections. Certains, à gauche, préfèrent revendiquer une plus facile acquisition de la nationalité. Effectivement, l’application intégrale du droit du sol reste à conquérir, et l’acquisition de la nationalité ne devrait plus être soumise à un processus aussi long, compliqué et intrusif qu’incertain d’aboutir. Mais pour des raisons personnelles ou historiques, des immigrés, souvent présents depuis longtemps en France, restent attachés à leur nationalité d’origine.

 Toujours est-il que des campagnes, un engagement électoral du Président de la République, avaient soulevé de l’espoir, au moins pour le droit de vote aux élections locales, ou municipales, tel que la France a dû l’accorder, à minima, pour les résidents citoyens des autres Etats de l’Union Européenne. Dans les campagnes électorales de 2017, et avant, la revendication du droit de vote pour les étrangers résidents doit avoir toute sa place.