Le capitalisme n'est pas la fin de l'histoire

Le blog du Front de gauche à Nanterre

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En juin, j'ai signé cette lettre ouverte à François Hollande

mercredi 12 juin 2013

45 travailleurs sans papiers ont fait grève dans les Hauts-de-Seine avec la CGT : ils ont remporté une première victoire.

Le  collectif MSP 92, qui rassemble au foyer de Courbevoie 160 travailleurs sans papiers, après plusieurs rassemblements et de premières rencontres avec le cabinet du préfet des Hauts-de-Seine et le service des étrangers, avait rencontré la CGT le 26 avril.  

De nombreux militants ont répondu présents pour "parrainer" les travailleurs sans papiers en grève 
Surtout, lorsque comme à Rueil, ils étaient isolés dans leur entreprise face à un patron de mauvaise volonté.
Du 3 au 7 juin, 45 d’entre eux, qui travaillent dans 17 entreprises du département, ont obtenu en quelques jours de grève que leurs employeurs remplissent les documents exigés par la préfecture, et la préfecture a délivré 45 attestations de dépôt de dossiers avec autorisation de travail. 31 ont déjà des convocations pour, à partir du 21 juin, obtenir des cartes de séjour dans le cadre de la circulaire ministérielle du 28 novembre 2012. La CGT 92 coordonne leur accompagnement. Pour d’autres, dépendant d’autres préfectures, les Unions Départementales CGT prennent le relai.

Lundi 10 juin, au foyer de Courbevoie, avec la CGT et le collectif MSP 92
d'autres photos sont en ligne
Lundi 10 juin, une assemblée au foyer de Courbevoie a analysé et fêté ce premier résultat d’une lutte syndicale, d’une lutte de classe, organisée par la CGT et le MSP 92, à laquelle ont  participé activement des militant-e-s du Front de gauche 92,  des élus municipaux communistes et des animateurs de sections du PCF,  des jeunes du Mouvement de la Jeunesse Communiste, des étudiants de l’Union des Etudiants Communistes . Le PCF 92 et le PG  avaient publié des communiqués de presse demandant la régularisation des grévistes, et des associations, dont la LDH 92 ou le MRAP-Nanterre, avaient aussi exprimé leur soutien .

Ce n’est qu’un début…

Le Réseau Education Sans Frontières organise de son côté un parrainage de jeunes majeurs scolarisés lundi 24 juin à 11 heures au Conseil Régional d’ Île-de-France.

Le Front de gauche 92 donne rendez-vous à toutes celles et tous ceux qui luttent pour la régularisation des sans papiers à sa première Fête  de l’égalité, dimanche 30 juin,  parc des Sévines à Gennevilliers, où un parrainage républicain est organisé à 16 heures.

mercredi 5 juin 2013

Action des travailleurs sans papiers dans les Hauts de Seine , 3 ème jour...

... tous pour un !
Mobilisation mercredi 5 juin 2013, à Rueil-Malmaison, en soutien à un travailleur sans papiers déterminé à obtenir de son patron qu'il remplisse les documents demandés par la Préfecture pour que son dossier puisse être régularisé.

Une cinquantaine de travailleurs sans papiers, dont certains étaient isolés dans leurs entreprises,  pour la plupart membre du collectif MSP92 du foyer de Courbevoie, se sont déclarés grévistes lundi pour avoir des titres de séjour. L'action , organisée par la CGT, avec le soutien actif du PCF 92, et d'autres forces politiques et associatives du département, a déjà permis le dépot  de 30 dossiers, validés avec attestation  et autorisation de travail  par la Préfecture, en attente des formulaires  que les employeurs doivent remplir, ce qui devrait être fait dans les tout prochains jours. La circulaire Valls de novembre dernier impose en effet au salarié qui prouve qu'il travaille depuis le nombre d'années suffisant pour être régularisable, qu'il obtienne ces documents, ce qui, sauf forte mobilisation syndicale, dépend du bon vouloir de son patron...

La situation avait encore besoin d'être débloquée ce matin dans deux entreprises, une à Courbevoie, l'autre à Rueil, dans lesquelles les patrons tardaient à se décider. La mobilisation continue...



mardi 4 juin 2013

Images en partage

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Le week-end dernier, c'était la démultiplication des activités militantes, avec vente de l'Huma dimanche dans mon quartier, diffusion de tracts pour  la marche des femmes contre l'austérité et pour l'égalité-e de dimanche prochain, préparation aussi discrète que méticuleuse du soutien à la grève des travailleurs sans papiers dans le département, qui démarrait dès le lundi matin. Le samedi après midi largement consacré à la commémoration des Martyrs de la Résistance au Mont-Valérien. Mais bon, ce n'est pas parce que je tiens un blog que j'ai le droit de vous ennuyer avec l'emploi du temps banal d'un militant communiste de banlieue.

Mieux vaut donner ici en partage les vrais plaisirs de ce week end nanterrien : c'était PARADE(S). Vous vous doutez bien que je n'ai pas eu le temps de voir tous les spectacles de ce festival des arts de la rue, qui rassemble du vendredi au dimanche quelque 250 artistes. Les quelques images que j'ai pu en faire n'en donnent qu'une petite idée, histoire de vous donner envie de venir dans le vieux centre de Nanterre pour l'édition 2014. Car j'espère bien qu'il y en aura encore  après les élections, des PARADE(S). C'est vrai qu'on ne sait jamais, parce qu'offrir comme ça, gratuitement, sans publicités pour lesquelles il faudrait rendre les cerveaux disponibles, de purs moments de bonheur et de création artistique, ça paraît toujours un choix municipal audacieux. Alors qu' il faut de nos jours payer pour tout, surtout quand on n'est pas riche, alors qu'on ne nous parle partout que d'économies à faire, surtout dans les dépenses qui ne sont pas des investissements financièrement rentables... comme la culture pour tous, comme les arts de la rue, par exemple.

Les coups de coeur ci-dessous sont  quelques peu arbitraires, mon palmarès est  injuste pour tout ce que je n'ai pas vu. Donc ce ne sont que quelques images, à échanger avec les images des autres...

Soutien aux travailleurs sans papiers en grève dans les Hauts-de-Seine !




PCF


L'action que la CGT, sollicitée par un collectif , a lancé lundi 3 juin dans les Hauts-de-Seine, porte l'exigence de la régularisation de tous les travailleurs sans papiers

communiqué
Le PCF 92
demande la régularisation immédiate
des travailleurs sans papiers en lutte

Depuis le 3 juin, des travailleurs sans papiers ont démarré une grève dans 17 entreprises de notre département. Le PCF 92, avec d’autres forces du Front de gauche et des associations, soutiennent cette action organisée par la CGT et un collectif de sans papiers de notre département. 
Nous portons avec eux l’exigence que des  titres  de  séjour  renouvelables,  avec autorisation de travail, soient accordés immédiatement à tous ces  salariés,  et quobligation soit faite à leurs employeurs de remplir sans délai tous les formulaires administratifs nécessaires. Tous ces salariés correspondent aux critères exigés pour avoir une carte de séjour par la circulaire du Ministre de l’Intérieur de novembre 2012, pourtant très exigeante et sélective.  
Nous appelons à une mobilisation citoyenne, particulièrement nécessaire à ceux qui, pour certains seuls dans leur entreprise, ont le courage de commencer une grève, avec l’appui de leur syndicat et de leurs soutiens, pour que leur employeur remplisse les documents demandés par la Préfecture pour la régularisation de leur dossier. 
Des travailleurs immigrés, avec ou sans papiers, présents depuis des années sur notre territoire, contribuent à la création de richesses dans notre pays. Il faut en finir avec le travail illégal, dissimulé, il faut défendre et faire respecter le code du travail, il faut que toutes et tous puissent travailler, vivre en sécuri dans un Etat de droit. Il faut en finir avec le racisme et les discriminations qui minent notre société. 
Un débat parlementaire est engagé sur limmigration professionnelle et étudiante. Des modifications du Code de lEntrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile vont être prochainement proposées aux parlementaires par le gouvernement. Nous exigerons à cette occasion que tout soit mis en œuvre pour permettre à ceux qui  travaillent  ici,  qui étudient ici, d’avoir des papiers, de pouvoir vivre dignement dans notre  République fondée sur la liberté, légalité et la fraternité. 
Nous invitons toutes les organisations, élu-e-s, citoyennes et citoyens qui se mobilisent pour la régularisation des sans papiers, à soutenir activement les actions engagées, et à participer nombreux au parrainage républicain, au parrainage de luttes, dimanche 30 juin, pendant la te de lEgalité, organisée par le Front de gauche 92 (Parc des Sévines à Gennevilliers).
Le 4 juin 2013 
Elsa Faucillon, Secrétaire départementale et
And Landrain, animateur du réseau Migrations-Citoyenne
Contact : 01.41.91.67.40 fax : 01.47.25.38.36 - E-mail : pcf.fd92@wanadoo.fr

lundi 27 mai 2013

Vers une "immigration choisie" version social-libérale ?

Pour Ouiza, pour toutes celles et tous ceux qui luttent pour les droits des migrant-e-s
cette contribution communiste à notre réflexion politique commune.

Quelques éléments pour une analyse de la politique d’immigration du gouvernement, et des enjeux des débats parlementaires annoncés

    1. Une continuité avec la politique du gouvernement précédent contre l’immigration illégale et les Roms


-          La circulaire de novembre 2012 sur l’admission exceptionnelle au séjour ne permet pas un grand nombre de régularisations (majorité des jeunes majeurs, des familles d’enfants scolarisés non concernés, incapacité des TSP hors champ d’intervention des syndicats d’obtenir les documents de leur employeur…). L’objectif affirmé est d’ailleurs de ne pas augmenter le nombre de régularisations.

-          La circulaire de l’été 2012 préconisant relogements et accompagnement social avant le démantèlement des bidonvilles – promesse de campagne de Hollande - n’est pas appliquée. Stigmatisation des Roms, exploitation de drames humains pour justifier une politique publique qui en est une des causes, poursuite des expulsions sans relogement même quand des associations se mobilisent et proposent des solutions, occultation du non accès à l’emploi qui marginalise les Roms… Le PCF est signataire de l’appel à la manifestation régionale du 25 mai à Paris.

On pourrait allonger la liste des propos et des pratiques d’un ministre de l’Intérieur qui garde la main sur l’Immigration, emboîtant le pas de Sarkozy, avec toute la confiance du Président et du gouvernement. Le refus de démarrer la procédure parlementaire, et de mener un débat, pour que les résidents étrangers aient le droit de vote pour les municipales de 2014, va dans le même sens.

Pourtant, le discours des socialistes au pouvoir sur l’immigration n’est bien sûr pas celui de la droite « extrêmisée ». Ce n’est pas l’immigration, ce n’est pas l’étranger, qui sont désignés comme des dangers (sauf les Roms…). Les cibles désignées à la vindicte publique, ce sont les « filières qui exploitent la misère humaine », les « marchands de sommeil », des « employeurs qui en toute illégalité profitent de la détresse de ceux qui n’ont rien », sans oublier bien sûr « des étrangers sans titre qui se maintiennent, en toute connaissance de cause, illégalement sur notre territoire ». Si les premiers sont rarement dérangés par la « fermeté » affichée par le Ministre de l’Intérieur, les sans papiers, eux, en sont aussi souvent victimes qu’au temps de Sarkozy. D’ailleurs, les contournements de l’empêchement de les mettre en garde à vue puisque le séjour irrégulier n’est pas un délit, ont été vite trouvés. Mais c’est le même Manuel Valls qui déclare devant le Sénat le 24 avril dernier : « La France s’est en partie construite et renforcée au fur et à mesure des vagues d’immigration » ou « La France a été un grand pays d’immigration. Elle ne peut le demeurer qu’à la condition de définir un cadre organisé, régulé » ou encore « La fermeté, ce n’est pas la fermeture : si des talents étrangers peuvent, demain, contribuer à notre croissance, à notre rayonnement, notre droit doit savoir les distinguer, nos préfectures et nos consulats les accueillir dans les meilleures conditions. »
Toutes ces citations dessinent une recherche de consensus national, avec au moins une partie de la droite, pour pouvoir débattre « sereinement », dans « un esprit de responsabilité et d’apaisement » de la question de l’immigration, ce qui a d’ailleurs été le cas au Sénat, où seule Cécile Cukierman, pour le groupe communiste, a abordé des questions vraiment dérangeantes.

L’idée avancée est  qu’éclairer l’opinion avec de nombreux chiffres et outils statistiques, choisis sur mesure, ça va couper court aux fantasmes et exploitations politiciennes. C’est d’ailleurs une des idées de Thierry Tuot, conseiller d’Etat, dans son rapport récent sur la refondation des politiques d’intégration, volontiers cité sur ce point, bien que ses propositions non conformistes et destinées à ouvrir des débats de fond,  ne soient, elles, guère reprises : « des statistiques scientifiquement fondées », des « commentaires impartiaux et objectifs …permettraient de mettre fin à de nombreuses illusions et aux propos démagogiques qui les exploitent ».
La mise en place annoncée d’un « outil interministériel qui permette d’adapter en temps réel le contrôle des flux migratoires » s’inscrit d’une certaine façon dans une nouvelle obsession du chiffre, pour maîtriser et contrôler sur le plan national le phénomène mondial des migrations. 

Fermeté contre l'immigration illégale, accueil et contrôle améliorés pour une immigration professionnelle et étudiante choisie et sélectionnée sont les deux axes de la politique du gouvernement socialiste, ce qui, malgré un certain changement du discours idéologique, s'inscrit dans la continuité des politiques menées par les gouvernements précédents.

lire la suite : 2. Une abondante communication : données et rapports préparatoires aux débats parlementaires annoncés 3.L'immigration choisie,version social-libérale 4.Mieux accueillir pour contrôler plus 5. Rendre plus légales les privations de liberté. 

dimanche 26 mai 2013

Solidarité avec les Rrom : une manifestation régionale qui appelle à de nouvelles mobilisations

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Nous étions un millier de manifestants samedi 25 mai à Paris, familles Rrom et militant-e-s de nombreuses organisations qui exigent que cessent les expulsions et les démolitions de bidonvilles sans relogement.
Quelques élues, comme Aline Archimbaud, sénatrice écologiste de Seine-Saint-Denis et Danielle Simonnet, conseillère de Paris Front de gauche, apportaient leur soutien.  « Liberté, égalité » était le mot d’ordre le plus repris dans un cortège très animé, dans lequel l’inquiétude et la colère n’empêchaient pas les manifestations de bonheur de vivre et de fraternité des plus communicatives. L’Essonne et la Seine-Saint-Denis étaient les départements les plus représentés, et Montreuil la ville la plus symbolique, avec des Rrom et des Maliens solidaires pour résister à leur expulsion programmée.
La principale revendication unitaire est, qu’au niveau régional, une concertation s’ouvre avec représentants de l’Etat,  des collectivités locales, des familles Rrom, des organisations solidaires et des élu-e-s qui travaillent sur le terrain, proposent des solutions concrètes. L’engagement du candidat Hollande, de ne pas démanteler de bidonvilles sans avoir de solutions alternatives à proposer, que devait concrétiser la circulaire gouvernementale de l’été 2012, n’est pas tenu. La « chasse aux Rrom », dénoncée par toutes les forces de gauche, dont le PS, au temps de Sarkozy, continue de plus belle, ce qui contribue fortement à banaliser une dangereuse montée des violences racistes. Les droits au logement, à la santé, à l’éducation, à l’eau et à l’électricité… restent à conquérir pour des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.  Ce n’est pas par choix qu’ils vivent en parias dans des campements de fortune insalubres !
Le principal obstacle à l’ « intégration » des Rrom est l’interdiction d’avoir un emploi salarié qui frappe les ressortissants des pays européens dont émigrent la grande majorité d’entre eux. Cette discrimination risque de durer au moins jusqu’en 2014 : une question qu’il serait vraiment urgent que le gouvernement mette à l’ordre du jour. Le débat sur l’immigration a commencé à être abordé au Sénat avec une volonté affichée  d’ « apaisement » et de « responsabilité », ce qui devrait permettre au Ministre de l’Intérieur d’agir par ordonnances rapidement pour améliorer l’accueil et assouplir les autorisations de travail de l’immigration professionnelle et étudiante la plus qualifiée. Mais jusqu’à présent, rien de neuf n’est annoncé pour améliorer le sort des 10 000 ou 20 000 Rrom, entrés légalement sur notre territoire, de ces citoyens européens qui continuent de servir de boucs émissaires.

solidarité avec les Rrom par picasso92