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Pour Ouiza, pour toutes celles et tous ceux qui luttent pour les droits des migrant-e-s
cette contribution communiste à notre réflexion politique commune.
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Quelques
éléments pour une analyse de la politique d’immigration du gouvernement, et des
enjeux des débats parlementaires annoncés
1. Une continuité avec la politique du gouvernement précédent contre
l’immigration illégale et les Roms
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La
circulaire de novembre 2012 sur l’admission exceptionnelle au séjour ne permet
pas un grand nombre de régularisations (majorité des jeunes majeurs, des
familles d’enfants scolarisés non concernés, incapacité des TSP hors champ
d’intervention des syndicats d’obtenir les documents de leur employeur…).
L’objectif affirmé est d’ailleurs de ne
pas augmenter le nombre de régularisations.
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La
circulaire de l’été 2012 préconisant relogements et accompagnement social avant
le démantèlement des bidonvilles – promesse de campagne de Hollande - n’est pas
appliquée. Stigmatisation des Roms,
exploitation de drames humains pour justifier une politique publique qui en est
une des causes, poursuite des expulsions sans relogement même quand des
associations se mobilisent et proposent des solutions, occultation du non accès
à l’emploi qui marginalise les Roms… Le PCF est signataire de l’appel à la
manifestation régionale du 25 mai à Paris.
On pourrait allonger la liste des propos et des pratiques
d’un ministre de l’Intérieur qui garde la main sur l’Immigration, emboîtant le
pas de Sarkozy, avec toute la confiance du Président et du gouvernement. Le
refus de démarrer la procédure parlementaire, et de mener un débat, pour que
les résidents étrangers aient le droit de vote pour les municipales de 2014, va
dans le même sens.
Pourtant, le discours des socialistes au pouvoir sur
l’immigration n’est bien sûr pas celui de la droite « extrêmisée ».
Ce n’est pas l’immigration, ce n’est pas l’étranger, qui sont désignés comme
des dangers (sauf les Roms…). Les cibles désignées à la vindicte publique, ce
sont les « filières qui exploitent
la misère humaine », les « marchands de sommeil », des « employeurs qui en toute illégalité
profitent de la détresse de ceux qui n’ont rien », sans oublier bien
sûr « des étrangers sans titre qui
se maintiennent, en toute connaissance de cause, illégalement sur notre
territoire ». Si les premiers sont rarement dérangés par la « fermeté » affichée par le
Ministre de l’Intérieur, les sans papiers, eux, en sont aussi souvent victimes
qu’au temps de Sarkozy. D’ailleurs, les contournements de l’empêchement de les mettre
en garde à vue puisque le séjour irrégulier n’est pas un délit, ont été vite
trouvés. Mais c’est le même Manuel Valls qui déclare devant le Sénat le 24
avril dernier : « La France
s’est en partie construite et renforcée au fur et à mesure des vagues
d’immigration » ou « La
France a été un grand pays d’immigration. Elle ne peut le demeurer qu’à la
condition de définir un cadre organisé, régulé » ou encore « La fermeté, ce n’est pas la
fermeture : si des talents
étrangers peuvent, demain, contribuer à notre croissance, à notre rayonnement,
notre droit doit savoir les distinguer, nos préfectures et nos consulats les
accueillir dans les meilleures conditions. »
Toutes ces citations dessinent une recherche de consensus
national, avec au moins une partie de la droite, pour pouvoir débattre « sereinement », dans « un esprit de responsabilité et
d’apaisement » de la question de l’immigration, ce qui a d’ailleurs
été le cas au Sénat, où seule Cécile Cukierman, pour le
groupe communiste, a abordé des questions vraiment dérangeantes.
L’idée avancée est qu’éclairer l’opinion avec de
nombreux chiffres et outils statistiques, choisis sur mesure, ça va couper
court aux fantasmes et exploitations politiciennes. C’est d’ailleurs une des
idées de Thierry Tuot, conseiller d’Etat, dans son rapport récent sur la refondation des politiques
d’intégration,
volontiers cité sur ce point, bien que ses propositions non conformistes et
destinées à ouvrir des débats de fond, ne soient, elles, guère reprises : « des statistiques scientifiquement
fondées », des « commentaires impartiaux et
objectifs …permettraient de mettre fin à de nombreuses illusions et aux
propos démagogiques qui les exploitent ».
La mise en place annoncée d’un « outil interministériel qui
permette d’adapter en temps réel le contrôle des flux migratoires » s’inscrit
d’une certaine façon dans une nouvelle obsession du chiffre, pour maîtriser et
contrôler sur le plan national le phénomène mondial des migrations.
Fermeté contre l'immigration illégale, accueil et contrôle améliorés pour une immigration professionnelle et étudiante choisie et sélectionnée sont les deux axes de la politique du gouvernement socialiste, ce qui, malgré un certain changement du discours idéologique, s'inscrit dans la continuité des politiques menées par les gouvernements précédents.
lire la suite : 2. Une abondante communication : données et rapports préparatoires aux débats parlementaires annoncés 3.L'immigration choisie,version social-libérale 4.Mieux accueillir pour contrôler plus 5. Rendre plus légales les privations de liberté.